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Kronos, le chic et discret service de livraison des grandes marques

Offrir à leurs clients en ligne une expérience aussi exclusive et haut de gamme que celle vécue en magasin, les marques de luxe ne savent pas faire. Kronos, une start-up française, leur propose de le faire pour elles.

En ligne, le client des marques de luxe n'est pas mieux traité qu'un utilisateur d'Amazon. Du coup une petite start-up s'est lancée sur ce créneau: offrir à l'acheteur de luxe en ligne une expérience aussi exclusive et privilégiée qu'en magasin.

Ses fondateurs, Guillaume L'Hostis et Antoine D'Espalungue, ont constaté eux-mêmes les carences des grandes marques sur ce canal de vente. "Nous achetions des chaussures ou des costumes de grandes marques sur des sites de e-commerce. Et nous étions surpris de recevoir nos achats en colissimo, déposé par un livreur en casquette et polo". Ils en discutent avec des amis qui travaillent à différents échelons de ces grandes maisons. Les plus hauts placés dans la hiérarchie tombent des nues. Ceux qui sont chargés du service après-vente et des livraisons sont pleinement conscients du problème, mais ne connaissent pas d'alternative.

Une livraison entre 9h et 19h? "Aberrant"!

Guillaume L'Hostis et Antoine D'Espalungue décident alors de fonder Kronos. La promesse : assurer le service de livraison des grandes marques, mais une "livraison chic". Du haut de gamme qui se traduit d'abord par un service express et souple. "S'entendre dire qu'on sera livré entre 9h et 19h, c'est aberrant pour le luxe", estime Guillaume L'Hostis. Du coup, Kronos propose la livraison dans les deux heures, ou sur rendez-vous: le livreur vous retrouve à l'endroit que vous choisissez sur une plage horaire d'une heure.

Le livreur justement: ne vous attendez pas à voir débarquer un coursier pressé vêtu de jaune. Le livreur de Kronos est un ambassadeur de la marque dont il livre le produit. Il est en smoking et nœud papillon. "Il se comporte de manière respectueuse envers le produit et le client", détaille Guillaume L'Hostis. Et lorsqu'il remet au client sa paire de mocassins, il lui offre un échantillon de cirage, lui conseille de ne pas porter ces chaussures plus de deux jours de suite la même semaine. Les mêmes cadeaux et conseils qu'il aurait reçus du vendeur en magasin.

Kronos s'efface au profit de la marque

"À chaque fois qu'on signe avec une nouvelle marque, on passe du temps dans ses boutiques pour identifier ce qui fait sa différence, sa valeur ajoutée dans sa relation avec le client en magasin", explique Guillaume L'Hostis. De quoi proposer à chacune, quand bien même elles seraient concurrentes, un service spécifique qui ne ressemble qu'à elle. D'ailleurs, "le livreur sera identifié comme un livreur de la marque, pas comme un livreur Kronos. Un code essentiel du luxe est la discrétion, donc nous nous effaçons au profit de la marque", souligne le cofondateur.

Alors évidemment, le service coûte plus cher que la livraison classique. Environ 20 euros pour recevoir son paquet deux heures après avoir cliqué sur "payer", contre environ 10 euros pour une livraison basique sous plusieurs jours, et 15 euros pour une livraison le lendemain. "Mais nous incitons nos marques clientes à prendre ce surcoût à leur charge, pour que les clients ressentent ce traitement de faveur comme un avantage qu'elle seule peut leur offrir", argumente Guillaume L'Hostis. 

En un peu plus de trois mois d'existence -la start-up a été lancée à l'été 2016- elle a déjà séduit une dizaine de clients. Parmi lesquels le maroquinier haut de gamme Jérôme Dreyfuss, ou le chausseur Maison Caulaincourt. Un module directement intégré à leur site permet à l'internaute de choisir la livraison Kronos. Et la start-up qui ne livre pour l'instant que Paris et sa banlieue, voit grand. Elle compte s'exporter rapidement en misant sur les belles perspectives du segment: les ventes de luxe par internet, en croissance continue, devraient atteindre 15% des ventes totales des marques en 2020 (Contactlab - Exane BNP Paribas).

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco