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Face à la crise, Accor met de côté 25% des dividendes prévus pour ses employés en difficulté

Interrogé dans Good Morning Business, le patron du groupe hôtelier, Sébastien Bazin, raconte la "brutalité" de cette crise. "Il y a 220.000 personnes à qui on a demandé, entre le 20 mars et le 1er avril, de ne va pas revenir le 1er avril parce que l'hôtel a été fermé".

Certains secteurs souffrent plus que d'autres de la crise du coronavirus. Celui de l'hôtellerie, comme pour le transport aérien ou le tourisme, en fait partie. Pour preuve, 75% des 300.000 salariés du groupe hôtelier Accor ne travaillent plus. "Oui, il y a 220.000 personnes à qui on a demandé, entre le 20 mars et le 1er avril, de ne va pas revenir le 1er avril parce que l'hôtel a été fermé" soupire son PDG Sébastien Bazin, sur BFM Business. "Ca a été extrêmement dur, extrêmement rapide. On a essayé de le gérer au mieux en étant humble, en étant fort mais on a dit la vérité. C'est d'une très grande brutalité." 

70 millions d'euros de côté

Si les salariés français peuvent bénéficier du chômage partiel, beaucoup de pays ne proposent pas de tels dispositifs. "Tous les pays ont une législation différente" souligne Sébastien Bazin. "Donc on a respecté la législation en vigueur dans chacun des pays et puis quand on s'est aperçu que dans certains des pays, des collaborateurs avaient 20% de leur salaire (…) on a convaincu le conseil d'administration, nos grands actionnaires, non seulement de ne pas payer le dividende mais de faire en sorte que 25% du dividende qui aurait dû être versé, c'est-à-dire 70 millions d'euros soit mis de côté pour les aider" explique le PDG. 

"Si jamais ils ont un problème de santé et qu'ils ne sont pas couverts, si jamais ils ont un problème alimentaire, familiale… et bien que ces 70 millions soient mis à disposition de ceux qui souffrent le plus (…) Je laisse cela à la disposition de mes patrons de pays qui sauront beaucoup mieux que moi donner cette aide à ceux qui en ont le plus besoin" indique Sébastien Bazin.

Une trésorerie solide

Reste que le groupe n'est pas en danger, assure Sébastien Bazin. "On a une chance folle, c'est qu'on a commencé cette année avec 2,5 milliards de cash, de trésorerie au bilan" explique-t-il. "Donc, ce groupe, aussi puissant soit-il, a aujourd'hui beaucoup de choses affronter (…) mais on a la trésorerie disponible pour tenir, si ce n'est pas neuf mois, c'est peut-être douze mois, quatorze mois. Mais on a du temps devant nous et cette crise ne durera pas aussi longtemps."

Thomas Leroy