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Espagne: une ville veut priver les touristes de locations avec vue sur mer

Une nouvelle réglementation, votée avant l’été 2018, permettra à Valence, de limiter les nouvelles locations touristiques aux rez--de chaussée et premier étage.

Une nouvelle réglementation, votée avant l’été 2018, permettra à Valence, de limiter les nouvelles locations touristiques aux rez--de chaussée et premier étage. - Google Streetview

Après Barcelone et Palma de Majorque (Baléares), la ville de Valence veut lutter contre la multiplication des locations touristiques. La municipalité va restreindre les nouvelles locations saisonnières aux rez-de-chaussée et premier étage pour éviter que les plus belles vues (sur mer notamment) ne soit accaparées par les touristes.

En Espagne, la lutte des grandes villes contre les locations saisonnières touristiques entre particuliers s'intensifie. Après Barcelone puis Palma de Majorque (Baléares), Valence leur déclare la guerre. La troisième ville d'Espagne (800.000 habitants) veut contenir, par une réglementation plus restrictive, l'explosion des appartements mis en location par des particuliers sur les sites internet comme Airbnb ou homeaway destinés aux touristes.

Le parlement régional de Valence a approuvé des amendements qui doivent être votés à l'été 2018 afin de répondre aux plaintes grandissantes des autochtones qui ne trouvent plus de logements à prix abordables. Lorsqu'ils seront appliqués, ces textes obligeront les nouveaux appartements touristiques mis en location à se limiter aux rez-de-chaussée et premier étage des bâtiments.

Pas de nouveaux immeubles dédiés à la location dans la vieille ville

Autrement dit, il s'agit, de manière indirecte, d'éviter que les appartements dotés des plus belles vues sur la ville ou la mer (toute proche) ne soit pas monopolisés au profit des touristes. Autre restriction: dans la vieille ville, -le quartier de Ciutat Vella- il ne sera plus possible d'ouvrir de nouveaux immeubles entièrement dédiés à la location d'appartements touristiques.

"Avec la nouvelle réglementation, les autorités municipales reprendront le contrôle des usages urbains et à Valence nous allons mettre en place une barrière très importante pour que le phénomène ne se développe pas à l'avenir", explique l' adjointe au maire de la ville, Sandra Gómez, au quotidien espagnol El Pais. Selon les calculs de la municipalité, 70% des appartements touristiques à Valence violent déjà la réglementation actuelle.

Parmi les autres mesures restrictives adoptées figurent l'obligation d'obtenir un agrément municipal de "compatibilité urbanistique" en plus de l'inscription obligatoire, déjà effective, des appartements touristiques dans un registre. En cas de refus de publier le numéro d'enregistrement de la location sur leurs plates-formes Internet, celles-ci s'exposeront à des amendes qui atteindront désormais 600.000 euros en cas d'infractions répétées. L'agence de tourisme de Valence avait déjà, par le passé, sanctionné de 30.000 euros d'amendes, Airbnb, Homeaway et Rentalia, pour ce motif.

La Catalogne a pris un train d'avance dans la sanction des locations entre particuliers illicites par rapport à la réglementation locale. "Dans toute la Catalogne, la Generalitat a perçu quatre millions d'euros de pénalités pour des infractions sur les appartements touristiques depuis 2012" précise le quotidien El Pais.

D'autres villes d'Espagne ont décidé de prendre le taureau par les cornes pour lutter contre la prolifération de location saisonnière par les particuliers. Le conseil municipal de Madrid souhaite qu'à partir de 90 jours jours de location par an, les propriétaires de ces appartements soient obligés d'obtenir une licence. Mais c'est à Palma de Majorque, que la réglementation la plus sévère a été adoptée contre les locations saisonnières. Elles seront interdites, dès juillet 2018, à tous les appartements et autorisées aux seules villas ou maisons individuelles.

Frédéric Bergé