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Lyon s'inspire de Paris pour lutter contre les effets néfastes d'Airbnb 

Lyon va à son tour réguler les locations de meublés touristiques

Lyon va à son tour réguler les locations de meublés touristiques - Philippe Merle - AFP

Pour dissuader les propriétaires lyonnais de mettre en location leur(s) logement(s) sur les plateformes de locations touristiques type Airbnb ou Abritel, la municipalité crée un numéro d'enregistrement obligatoire. Et ce n'est pas la seule contrainte.

La ville et la métropole de Lyon ont présenté mercredi des mesures inspirées de ce qui se fait à Paris pour contrer l'explosion des meublés touristiques loués via des plateformes de style Airbnb, qui risque de les transformer en ville-musée. L'idée est de "rendre très dissuasive" la transformation d'un logement d'habitation en meublé à usage touristique, pour garder une vie de quartier et lutter contre l'inflation des loyers, ont expliqué les deux collectivités lors d'une conférence de presse.

Ainsi, les propriétaires qui souhaiteraient louer leur résidence principale seront contraints de demander un numéro d'enregistrement qui devra figurer dans l'annonce. Ce numéro permettra de vérifier par la suite qu'ils respectent bien la durée limite légale de 120 jours par an. En revanche, les particuliers qui loueraient plus de quatre mois dans les quartiers centraux (Presqu'île, quais du Rhône et de la Saône, pentes de la Croix-Rousse) devront demander une autorisation qui limite la location en meublé touristique à neuf ans.

Obligation de compenser

Cette obligation ne concerne toutefois que les logements de moins de 60 mètres carrés. Pour les biens de plus de 60 m², les bailleurs auraient en plus l'obligation de compenser, c'est-à-dire d'acheter sur la même zone un appartement ou une maison de taille équivalente à usage d'habitation. Enfin, pour les meublés détenus par des personnes morales, SCI familiales comprises, l'obligation de compensation est durcie et s'applique même pour un logement inférieur à 60 m².

Ces mesures non rétroactives seront appliquées à partir du 1er février 2018, à condition qu'elles soient bien votées vendredi à la métropole, et lundi au Conseil municipal. Deux personnes vont être recrutées au service urbanisme de la ville pour les contrôles et tout contrevenant risque une amende allant jusqu'à 50.000 euros. Longtemps cantonnée au seul tourisme d'affaires, Lyon est devenue depuis quelques années une destination à la mode, avec 4,7 millions de nuitées hôtelières en 2016 (+8% sur un an), selon son office de promotion OnlyLyon.

J.Mo. avec AFP