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Avec Digifood, finie la queue pour le sandwich et la bière dans les stades

Les livreurs sont employés par les restaurateurs et buvettes sur place.

Les livreurs sont employés par les restaurateurs et buvettes sur place. - Digifood

Cette, start-up, lauréate de la BFM Académie édition 2016, propose aux spectateurs qui ne veulent pas perdre de temps à la buvette du stade de se faire livrer boissons et nourriture à la place. Un concept existant aux États-Unis mais tout juste balbutiant en France.

Patienter de longues minutes à la buvette d’un stade en plein match n’a rien de plaisant. Venir livrer le supporter à sa place? C’est le pari que fait Digifood, une jeune start-up parisienne, qui vient de remporter la BFM Académie. Elle édite une application sur laquelle les spectateurs d’un événement à forte affluence, un match ou un salon, peuvent commander les boissons ou plats des commerçants partenaires présents sur place. Le paiement se fait en ligne. Le personnel du bar ou du restaurant livrent le client sans qu’il n’ait à se déplacer.

"Nous faisons de la livraison pendant toute la durée de l’événement, sauf à la mi-temps", précise Ronald Gautruche, co-fondateur de la start-up avec François Chretienne, Tristan Vuitteney et Alexandre Armange. Pendant cet intervalle, les clients peuvent néanmoins éviter de faire la queue s’ils commandent sur l’application puis viennent retirer leur commande en bénéficiant d’un coupe-file. "Notre but c’est de linéariser les ventes et d’éviter les rushes", précise le jeune entrepreneur.

15 à 20% de commission

Reste que dans un événement de forte affluence, le réseau téléphonique et 3G/4G est bien souvent saturé. "Il faut essayer de télécharger l’application avant l’évènement (..) après ça dépend de l’enceinte, du réseau", prévient Ronald Gautruche.

Dans une enceinte sportive, ce sont généralement les clubs qui gèrent la buvette et le snacking. DigiFood démarche donc des clubs afin de les convaincre de proposer leurs produits sur son application. La start-up se présente comme un accélérateur de ventes et prélève en échange une commission de 15 à 20% sur le chiffre d’affaires généré.

Créée en novembre 2014, la start-up a signé avec son premier client en août 2015: le club de basket de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. Depuis, elle a convaincu une quinzaine de clubs dont l’Olympique de Marseille et l’OGC Nice et, côté rugby, le Stade Français Paris. 

Test au salon VINISUD

Digifood espère dégager 200.000 euros de chiffre d’affaires sur l’année 2016. Avec l’appui du sponsor Coca-Cola, la start-up a mis à disposition son application en marque blanche, et livre certains spectateurs de l’Euro dans le stade des Lumières à Lyon et au Stade de France, à Saint-Denis.

"Nous songeons à étendre le service à d’autres situations: dans les parcs d’exposition, lors de festivals de musiques…", lance Ronald Gautruche. La start-up s’est d’ailleurs testé lors du salon VINISUD de janvier à Montpellier. "Nous avions un restaurant présent sur place partenaire et nous avons vendu ses plats à environ 15% des exposants présents sur place", explique cet entrepreneur.

Bientôt à l'heure espagnole?

Toutefois, le concept n’en est qu’à ses débuts. Lorsqu’on se rend sur le site de Digifood, très peu d’événement sont encore disponibles. Présenté comme possible dans des salles de concert, université ou boîte de nuit, le concept n’y a encore jamais été testé. Cela pourrait constituer des voies de diversification, bien que cela se limiterait à du retrait rapide, le consommateur n’ayant pas une place fixe.

Pour grandir, Digifood entend recruter et investir pour se faire connaître. Elle cherche à lever 500.000 euros afin que l’équipe passe de 4 à 8 personnes et commence à démarcher des clubs en Espagne.

Digifood fait partie des trois finalistes de la saison 11 de BFM Académie, dont la finale a lieu ce 20 juin.

Adeline Raynal