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Compétitivité: la France décroche un peu plus dans le classement de Davos

Le rapport du forum de Davos pointe notamment le lourd poids de la fiscalité française.

Le rapport du forum de Davos pointe notamment le lourd poids de la fiscalité française. - -

L'Hexagone ne se classe plus qu'au 23ème rang, dans le classement publié, ce mercredi 4 septembre, par le forum économique de Davos. L'efficience de son marché du travail et sa fiscalité sont notamment épinglés.

Hasard du calendrier. Au moment même où le gouvernement a entamé une concertation avec le patronat sur des mesures pour améliorer le coût du travail, le Forum économique mondial de Davos a publié, ce mercredi 4 septembre, son rapport mondial sur la compétitivité.

Dans le classement attaché au rapport, on découvre que les trois premières places sont occupées par la Suisse, Singapour et la Finlande (voir classement ci-contre). La France chute, elle, de deux places, passant ainsi du 21ème au 23ème rang.

Les faiblesses pointées par le rapport sonnent comme une nouvelle piqure de rappel pour le pays. Le classement prend en compte une centaine d'indicateurs regroupés dans une douzaine de "piliers".

Il en résulte que la France est très mal classée sur l'un d'entre-eux : l'efficacité du marché du travail. La coopération avec les employeurs, où la France se classe 135ème sur 148 pays, les pratiques d'embauches et de licenciements (144ème) ou encore l'effet de la taxation sur les incitations à travailler (127ème) sont autant d'éléments décriés par le rapport.

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Mettre l'accent sur la "souplesse"

"La compétitivité de la France pourrait être renforcée en injectant davantage de souplesse dans son marché du travail, où elle se classe 116ème à la fois en raison de ses règles strictes d'embauche et de licenciement et des relations plutôt conflictuelles dans le pays avec les employeurs", peut-on lire dans le rapport qui ne précise toutefois pas si les récentes mesures du gouvernement, telles que le crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi, sont prises en compte.

Ce n'est pas tout. Le "fardeau de la régulation administrative'', où la France dégringole au 130ème rang est également pointé du doigt. De même, la fiscalité française est considérée comme lourde puisque l'effet de la taxation sur l'investissement est un critère sur lequel l'Hexagone se classe 137ème et il en est de même pour la taxation sur les bénéfices (134ème). Là encore, ces remarques ne tiennent pas compte de la "pause fiscale" promise tout récemment par François Hollande, ou encore du la baisse du coût du travail pour 2014, également promise par l'exécutif.

Loin derrière l'Allemagne

Mais le tableau n'est pas complètement noir pour la France. La qualité de sa main d'œuvre, de ses infrastructures, de son système de santé sont parmi les meilleurs au monde, selon le rapport. Le texte souligne également "l'agressivité" du monde des affaires français sur les nouvelles technologies et l'innovation.

Evidemment la France n'échappe pas à la comparaison avec l'Allemagne. Ce dernier pays a, au contraire de l'Hexagone, progressé de deux places et pointe au 4ème rang. Le Royaume-Uni est 10ème, les Etats-Unis 5ème. D'une façon plus globale, l'Europe est une nouvelle fois coupée en deux entre le Nord, avec la Finlande troisième, la Suède cinquième, les Pays-Bas huitième, et le Sud.

"L’Espagne (35e), l’Italie (49e), le Portugal (51e) et surtout la Grèce (91e) devront remédier aux manques d’efficacité et de flexibilité de leurs marchés, promouvoir l’innovation et améliorer l’accès au financement afin d’améliorer la compétitivité de l’ensemble de la région", souligne le rapport.

Julien Marion