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Carrefour travaille à un standard mondial de traçabilité alimentaire

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- - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Après avoir déployé une technologie Blockchain pour le suivi de sa filière « poulet », Carrefour rejoint l’IBM Food Trust, une plateforme collaborative mondiale sur le sujet. De grands industriels et distributeurs américains y participent. L’objectif est de mettre en place un standard mondial de traçabilité alimentaire.

Apporter davantage de transparence aux consommateurs mais aussi éviter les scandales sanitaires, voilà à quoi peut aussi servir la technologie Blockchain dans le domaine de l’agro-alimentaire. Un sujet sur lequel IBM travaille depuis plus de deux ans. La firme américaine a ainsi mis au point la plateforme Food Trust qui recense déjà les informations de traçabilité de plusieurs millions de produits (La blockchain enregistre les informations de chacune des étapes de la chaîne de production : approvisionnement, transformation, conditionnement, commercialisation).

Carrefour avait déjà pris les devants en France en développant il y a quelques mois la « blockchain du poulet » ; un code inviolable qui suit à la trace les volailles de leur lieu de production aux rayons du magasin, l’ensemble des informations état accessibles via un QR Code, imprimé sur l’étiquette du produit.

Savoir ce qui se passe à chaque étape du cycle de vie d’un produit

Carrefour a par la suite développé cette technologie pour les œufs et les tomates de saison. Six à huit produits sont ainsi ciblés d’ici à la fin 2018. Le géant de la distribution comptait par la suite étendre ce procédé à 300 produits d’ici à 2022. Problème, même si l’initiative est louable, elle se limite à l’écosystème Carrefour.

L’enseigne vient donc de s’allier à IBM et plus particulièrement à sa plateforme collaborative Food Trust, à laquelle ont déjà adhéré Nestlé, Unilever, Driscolls mais également les distributeurs américains Wal-mart ou Dole. L’objectif consiste à participer à la création d’un standard mondial de traçabilité alimentaire.

Renforcer les échanges de données entre industriels

L’ensemble des partenaires (industriels, distributeurs, producteurs) partagent ainsi leurs données produits sur l’origine, la qualité nutritionnelle, la composition, etc. Participer au Food Trust d’IBM va permettre de renforcer les échanges de savoir faire entre le français et les acteurs américains.

« Carrefour compte aussi en parallèle créer un effet d’entraînement auprès de l’ensemble des fournisseurs quant à la traçabilité des produits alimentaires et à la confiance accordée par les consommateurs », explique Emmanuel Delerm, Directeur de programmes chez Carrefour.

Des informations plus sûres et plus transparentes pour les consommateurs

Pour lui, l’expérience clients autour de la traçabilité manque encore de pédagogie. Grâce à la blockchain qui efface tous les intermédiaires, les informations du produit arrivent directement entre les mains des clients. Les consommateurs accèdent ainsi à davantage d’informations sur les produits qu’ils achètent. Ce programme participe à l’effort de transparence de la part des acteurs de la chaîne amont et aideront aussi à éviter ou réduire les scandales sanitaires.

Concrètement, l’ensemble des données seront recueillies à partir d’interfaces hommes-machines, de smartphones, de saisies manuelles et viendront enrichir la plateforme. Au niveau technique, Food Trust exploite la technologie open source Hyperledger qui permet de créer les blockchains utilisées par la suite par les industriels, les producteurs et les distributeurs. En plus des Etats-Unis et désormais de la France, l’initiative intéresse aujourd’hui de près l’Italie en Europe mais aussi les chinois.