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Carlos Ghosn va être à nouveau inculpé

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- - Kazuhiro NOGI / AFP

Selon la presse nippone, l’ex-patron de Renault et Nissan va de nouveau être inculpé pour abus de confiance et détournement de fonds dans le dossier Nissan à l'issue de sa garde à vue lundi.

Le chemin de croix de Carlos Ghosn se poursuit. Suite à sa nouvelle garde à vue, le milliardaire devrait sans surprise être à nouveau inculpé par le bureau des procureurs de Tokyo. Selon les médias japonais, il sera mis en examen pour avoir détourné des fonds de Nissan.

S'il est effectivement inculpé, démarrera une période de détention provisoire ouvrant parallèlement la possibilité d'une requête de nouvelle libération sous caution.

Il est soupçonné d'avoir utilisé une ou plusieurs entreprises "coquilles vides" pour faire passer des fonds émanant du groupe nippon vers une société d'investissement détenue par son fils Anthony, selon les détails donnés par la chaîne publique NHK citant une source proche de l'enquête.

Procès en septembre

Selon les derniers éléments de l'enquête interne menée par Nissan, une partie des sommes détournées auraient également atterri sur les comptes de la société « Beauty Yachts », dirigée par son épouse Carole Ghosn et enregistrée dans les Iles vierges britanniques. Quant à l'argent en question, il aurait servi à acheter un bateau de luxe estimé à 12 millions d'euros.

Par ailleurs, les enquêteurs souhaiteraient désormais étendre l’enquête en demandant la coopération des autorités américaines dans le but d'entendre le fils de Carlos Ghosn, ajoute la NHK.

Arrêté au Japon en novembre 2018, Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations pour minoration de déclarations de revenus et abus de confiance aggravé lié à une tentative de faire couvrir des pertes financières personnelles par Nissan.

Il avait été libéré sous caution (contre 8 millions d’euros) le 6 mars après 108 jours de prison et assigné à résidence à Tokyo, mais il a été interpellé de nouveau moins d'un mois plus tard sur de nouveaux soupçons.

L'intéressé et sa famille nient toute malversation et dénoncent un complot ourdi par Nissan, alors qu'il préparait la fusion du groupe japonais avec son partenaire français Renault, une évolution de l'alliance déplaisant à la partie japonaise.

Le procès de Carlos Ghosn, architecte de l'alliance Renault-Nissan il y a vingt ans puis plus tard du partenariat avec Mitsubishi Motors, pourrait commencer dès le mois de septembre.

la rédaction