BFM Business

Canada: Amazon visé par une enquête de l'autorité de la concurrence

-

- - Thomas SAMSON / AFP

Les autorités canadiennes de la concurrence ont ouvert une enquête visant le géant américain Amazon pour un potentiel abus de position dominante.

Les autorités canadiennes de la concurrence ont annoncé vendredi avoir lancé une enquête sur Amazon, soupçonné d'un "potentiel abus de position dominante" au Canada. L'enquête civile du Bureau de la concurrence cherche notamment à déterminer si le géant américain a mis en place une stratégie "qui pourrait influencer les consommateurs à acheter des produits qu'Amazon vend plutôt que ceux offerts par des vendeurs concurrents", a précisé le bureau dans un communiqué.

L'autorité canadienne enquête par ailleurs sur les pressions éventuelles du groupe pour dissuader les commerçants présents sur la plateforme de vendre leurs produits moins cher ailleurs, par exemple sur leur propre site web. "L'enquête du Bureau est en cours et aucune conclusion n'a été tirée quant à des actes répréhensibles pour le moment", souligne le gendarme de la concurrence, qui appelle vendeurs et entreprises à lui transmettre tout renseignement pertinent "de manière confidentielle".

Enquête de la Commission européenne

Comme les autres membres des Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple), le géant américain de la vente en ligne fait l'objet de plusieurs enquêtes, notamment aux Etats-Unis et en Europe, qui le soupçonnent de profiter de sa position dominante pour enfreindre les lois sur la concurrence. Comme Apple avec son App Store, Amazon est ainsi accusé d'être juge et partie sur sa plateforme car ses produits y sont en compétition avec ceux de concurrents.

En 2019, la Commission européenne a lancé une enquête sur des violations présumées des règles européennes de concurrence. Amazon est soupçonné d'utiliser à son avantage les données issues des vendeurs indépendants qui vendent sur son site. Lors de son audition au Congrès américain le mois dernier, le patron d'Amazon Jeff Bezos s'était défendu d'écraser la concurrence. Il a souligné que son groupe ne comptait que pour 1% du marché mondial de la distribution et qu'il avait favorisé la prolifération de sites de e-commerce concurrents.

J. B. avec AFP