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Dubaï relance la bataille de la tour la plus haute du monde

Dubaï veut une tour encore plus haute que le Burj Khalifa.

Dubaï veut une tour encore plus haute que le Burj Khalifa. - Emaar properties

Dubaï vient de débuter la construction d'un gratte-ciel qui sera plus haut que l'actuel détenteur du record mondial, Burj Khalifa, qui domine déjà le panorama de cet émirat. Mais il n'est pas le seul à vouloir détenir le record.

Dubaï a posé la première pierre pour la construction d'une tour encore plus haute que Burj Khalifa, qui culmine à 828 mètres. Cet émirat du Golfe espère bien que cette nouvelle tour devienne le plus haut gratte-ciel du monde. Le souverain de Dubaï, cheikh Mohamed ben Rached Al-Makhtoum, a donné le coup d'envoi des travaux de construction, estimés à 900 millions d'euros, de la tour de Dubai Creek Harbor, au centre de la cité-État. "La structure sera la tour la plus haute du monde en 2020", année de l'Exposition universelle qui se tiendra à Dubaï, souligne un communiqué publié à l'occasion.

Dubaï célèbre peut-être un peu trop vite sa victoire. En avril, le géant de l'immobilier Emaar avait annoncé la construction de cette tour en indiquant qu'elle serait plus haute que Burj Khalifa, mais sans préciser sa hauteur exacte. Et il devra faire mieux que deux concurrents de taille. L'Arabie Saoudite a déjà commencé à construire à Jeddah, ville portuaire sur la mer Rouge, depuis 2013, un gratte-ciel qui mesurera plus d'un kilomètre de hauteur. Une tour qui sera achevée avant celle de Dubaï puisque les architectes tablent sur 2018. Elle devrait coûter 8,4 milliards de riyals saoudiens, soit 2 milliards d'euros. 

De plus, l'Irak compte construire une tour de 1.152 mètres à Bassora, baptisée "The Bride". Mais aucune date de construction n'est donnée pour l'instant.

La folie des grandeurs, un signe inquiétant?

Par ailleurs, l'Azerbaïdjan compte bien aussi entrer dans la danse. Ce pays situé entre la Géorgie, l’Arménie, la Russie et l’Iran, qui doit sa fortune au pétrole, rêve lui d’ériger une tour de 1.050 mètres. Un peu moins haute donc que celle d'Irak mais qui mesurera 50 mètres de plus que celle d'Arabie Saoudite. Néanmoins, comme pour "The Bride", le chantier ne semble pas avoir déjà débuté.

Les trois projets du Golfe sont les plus crédibles. Car si les architectes n'hésitent pas à voir grand, beaucoup de tours ne dépasseront pas le stade de dessin. Ainsi, Taisei Corporation a imaginé en 1995 un gratte-ciel de 4.002 mètres, la X­Seed 4000. Et Eugene Tsui, en 1991, a pensé à l'Ultima Tower à San Francisco, qui aurait dû mesurer 3.214 mètres. 

En tout cas, cette soudaine folie des grandeurs devrait peut-être être un signe inquiétant, si on en croit la théorie établie par un analyste immobilier réputé, Andrew Lawrence. Selon lui, les tours les plus hautes du monde se construiraient systématiquement à la fin d’un cycle économique, et elles annonceraient à chaque fois une récession économique majeure. Il a appelé cela le skycrapper index. Néanmoins, une étude de Barr, Mizrach et Mundera montre que les hauteurs record des immeubles sont notamment liées à une croissance économique rapide mais que la taille des bâtiments n'est pas un indicateur de récession.

La tour Burj Khalifa, l'un des joyaux de Dubaï

Conçue par l'architecte hispano-suisse Santiago Calatrava Valls, la nouvelle tour de Dubaï sera dotée d'une plateforme d'observation, en plus de 18 à 20 étages qui accueilleront des restaurants et des hôtels, a précisé le président d'Emaar Mohamad Alabbar.

La tour Burj Khalifa, inaugurée en janvier 2010, est devenue l'un des joyaux de Dubaï, une destination touristique de plus en plus courue. La future tour qui évoquera par sa structure la forme d'un minaret sera arrimée au sol par des câbles.

Dubaï, grande plateforme commerciale du Moyen-Orient, s'est fait une réputation en construisant des centaines de tours à l'architecture parfois originale et futuriste.

D. L. et P. K.