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UFC-Que Choisir dénonce les non-dits du financement participatif

L'UFC-Que Choisir s'inquiète des risques pris par les épargnants. (image d'illustration)

L'UFC-Que Choisir s'inquiète des risques pris par les épargnants. (image d'illustration) - Alain Jocard - AFP

L'association accuse les grandes plateformes de financement participatif de surévaluer les hypothèses de gains et de minimiser les risques pris par les épargnants.

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir appelle les pouvoir public à "recadrer" les acteurs du financement participatif. Un "secteur vérolé" selon l'association. Pour Alain Bazot, son président, "il est indispensable que les risques encourus soient clairement identifiés et que les gains potentiels ne soient pas surévalués". Selon lui, "ce secteur n'a pas d'avenir" à moins de le "remettre dans les clous" et "d'assainir ses pratiques". 

Dans son analyse juridique et économique, réalisée entre 2013 et 2016, portant sur l'ensemble des prêts revendiqués par les 17 plateformes examinées, l'UFC-Que Choisir estime que le financement participatif "offre une rentabilité proche voire inférieure à celle du Livret A, sans offrir son caractère entièrement sécurisé et liquide".

L'association, qui ne remet pas en cause l'utilité de ce mode de financement, établit un parallèle avec le crédit revolving qui, par le passé, a été l'objet de plusieurs mesures gouvernementales visant à mieux protéger l'emprunteur. 

L'UFC-Que Choisir met en demeure 6 plateformes 

Concrètement, l'UFC-Que Choisir estime que le taux de défaut au bout de 3 ans est "5 à 10 fois supérieur" au risque communiqué par certaines plateformes. En outre, le rendement des placements, après déduction des défauts et de la fiscalité "devrait s'établir entre 1,6% et 0,33%, loin des promesses de taux d'intérêt allant jusqu'à 7%". L'association demande donc au gendarme du secteur bancaire, l'ACPR, de "s'assurer du respect par les plateformes de leurs obligations légales d'information" et de "sanctionner les manquements persistants". 

L'organisme de défense des consommateurs met également en demeure six grandes plateformes (Lendix, Unilend, Lendopolis, Pretup, Bolden, Prexem) pour qu'elles "purgent leurs conditions générales d'utilisation des clauses" abusives comme les clauses d'exonération de responsabilité financière. À défaut de réaction, l'UFC-Que Choisir se réserve "le droit d'agir en justice".

L'association appelle aussi les pouvoirs publics à "légiférer pour obliger les plateformes à fournir une information pertinente et impartiale". Elle rappelle que les taux bas et la défiance des consommateurs vis-à-vis des professionnels de l'épargne ont produit "un terreau favorable" au financement participatif.

A.M. avec AFP