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Transfert d’argent : PayPal s’attaque à Western Union

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PayPal lance en Europe Xoom un service de transfert d’argent à l’international « rapide et sécurisé ». A l'échelle mondiale, les envois de fonds ont encore atteint un niveau sans précédent en 2018.

PayPal veut aussi sa part du gâteau ! L’entreprise a annoncé le lancement de Xoom (racheté en 2015), un service de transfert d’argent vers l’étranger, disponible dans 32 pays européens dont la France. Les utilisateurs pourront ainsi envoyer de l’argent à l’étranger « pour un retrait rapide en espèces ou un dépôt bancaire dans plus de 130 marchés via l’application mobile ou le site web Xoom de PayPal » indique un communiqué.

PayPal s’attaque ainsi à un secteur très lucratif, dominés par Western Union et MoneyGram, qui possèdent par exemple les deux tiers des points de transfert physique en Afrique. En 2018, les transferts dans le monde se sont élevés à 689 milliards de dollars en 2018, contre 683 milliards l'année précédente, selon les chiffres de la Banque mondiale.

Concernant les chiffres français, 22 milliards de dollars sont envoyés chaque année principalement dans les pays du Maghreb, au Viêtnam, au Sénégal ou encore en Chine. « Mais même en 2019, l’envoi d’argent depuis la France à un proche résidant dans un autre pays reste encore une procédure trop longue » souligne Dan Schulman, PDG de PayPal. « Or, nous savons à quel point ces transferts d’argent sont importants dans la vie de millions de personnes et à quel point il est crucial que l’argent arrive rapidement et en toute sécurité afin qu’il puisse être utilisé pour des choses importantes. »

Xoom promet donc des transferts à l’international « rapides et sécurisés », jusqu’à 10 000 euros en une seule transaction. Concrètement, l’argent peut être déposé sur un compte bancaire, mais aussi être retiré en espèces « en cinq minutes environ, voire moins ».

Rude concurrence

PayPal n’est pas le premier à s’insérer sur ce segment, très compétitif. Outre les acteurs historiques, de nombreuses fintech ont attaqué le marché ces dernières années. La start-up américaine Remitly est arrivée en France le 17 avril dernier. TransferWise ou encore WorldRemit proposent aussi des services similaires.

Reste à savoir si le gâteau peut durablement être partagé. Si les fintechs sont entrés sur le marché avec des commissions moins élevées (grâce à la numérisation des échanges), Western Union et MoneyGram ont réagi en bradant leur prix sur certains pays. En réalité, les frais sont variables en fonction du pays de l’émetteur et du pays de destination.

Tout ce petit monde pourrait encore être bousculé par un acteur de taille : Facebook. Le géant américain proposera dès l’année prochain sa cryptomonnaie baptisée Libra. En évitant de passer par les réseaux traditionnels de paiement (Visa, Mastercard…), le service de Facebook pourra proposer des frais de service bien moins élevés.