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Pourquoi les banques prêtent moins qu'avant

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Les crédits accordés par les banques en France ont diminué de 11% au premier semestre de cette année. Alors que la demande reste solvable, l'offre se fragilise. Explications.

Moins 11%. Le marché des crédits immobiliers en France est en net recul au premier semestre 2008. Peinant elles-mêmes à emprunter de l'argent, les banques se sont montrées bien plus frileuses qu'au cours des six premiers mois de l'année précédente.

Pourtant, la capacité d'emprunt des ménages est, elle, restée intacte, voire s'est améliorée. Et, de manière générale du côté de la demande, tous les indicateurs sont au vert :

- la hausse des taux reste modérée : de 4,62% au 4e trimestre 2007, le taux moyen est passé à 4,67% au 1er trimestre 2008 et à 4,68% au 2e ; - la durée des emprunts est orientée à la baisse : 221 mois en moyenne ; - le taux d'apport personnel reste élevé : de l'ordre de 25%.

Si la demande n'est pas en cause, l'explication est à chercher du côté de l'offre de crédit. Depuis la crise américaine des subprimes, qui a éclaté au cours de l'été 2007, les banques se font de moins en moins confiance. Pour Michel Mouillart, directeur scientifique de l'Observatoire Crédit Logement, ce recul du marché est donc dû aux « difficultés » des banques à « refinancer leurs activités de prêt ». Au micro de Guillaume Cahour, ce matin sur RMC, il explique que « les ressources dont les banques ont besoin pour prêter à leur clientèle se raréfient, deviennent plus chères et surtout plus difficiles à conserver longtemps ».

Dans les mois qui viennent, l'Observatoire prévoit que les taux d'intérêt vont remonter et la durée des emprunts poursuivre sa baisse. « Les banques vont non seulement reconstituer leurs marges », mais aussi « incorporer dans leurs taux le coût plus élevé de la liquidité », explique Claude Morandeau, le directeur général de Crédit Logement. Autrement dit, les banques vont répercuter, dans les taux proposés à leur clientèle, le surcoût actuel qu'elles paient pour se refinancer sur les marchés.
Mais cette hausse devrait être limitée par la vive concurrence entre les établissements bancaires français.

Juliette VINCENT-Bourdin & Co