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Dette: les taux de la France atteignent un plus bas historique

Le marché de la dette sourit à la France.

Le marché de la dette sourit à la France. - -

Le taux à 10 ans des obligations françaises est descendu à 1,656% en séance, ce vendredi 6 juin, sur le marché secondaire. La dette tricolore profite largement des annonces prononcées la veille par la Banque centrale européenne.

La dette française peut dire merci à Mario Draghi. Ce vendredi 6 juin, les taux à 10 ans des obligations ont, en séance, atteint leur plus bas historique sur le marché secondaire, le lieu où les investisseurs s'échangent entre eux les titres d'emprunts.

Vers 15h15 heure française, le 10 ans français a ainsi atteint 1,656%, soit un peu moins que son précédent record 1,659%, qui date du 2 mai 2013. La France n'est pas un cas isolé: la baisse est généralisée en Europe et est plus particulièrement forte sur les pays périphériques (Italie et Espagne).

Cette performance est très largement due aux annonces prononcées la veille par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. "On a une BCE plus accommodante avec un tel message qu'il ne pouvait y avoir qu'une réaction positive dans l'obligataire", commente Cyril Regnat stratégiste obligataire chez Natixis.

Encore un peu de marge

Selon lui, trois mesures sont particulièrement appréciées par les marchés obligataires: la prolongation des liquidités illimitées offertes par la banque centrale jusqu'à au moins fin 2016, la baisse des taux, et l'assurance de voir ces taux bas se maintenir pendant une très longue période. Des mesures de "nature à écraser les courbes et les primes de risques" explique-t-il.

"La réaction est assez énorme", remarque Cyril Regnat qui ajoute toutefois "qu'il peut y avoir une possibilité d'emballement de la part du marché". Il pointe notamment que les "effets sur l'économie réelle" du TLTRO, le prêt de long terme aux banques conditionnés à des engagements des banques sur le crédit, "ne sont pas sûr et certains".

Néanmoins, le stratégiste pensent que les taux français ont encore de la marge pour descendre plus bas, dans la mesure où ils offrent un rendement qui reste supérieur de près de 30 points à ceux de la dette allemande.

Julien Marion