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Axa crée une assurance retard d'avions

Axa propose une assurance contre les retards d'avion.

Axa propose une assurance contre les retards d'avion. - Jonathan Cohen - Flickr

L'assureur vient de lancer une nouveau contrat à l'intention des passagers des compagnies aériennes. Il permet d'obtenir une compensation immédiate en cas de retard dépassant deux heures. Mais Axa n'est pas le seul sur ce créneau.

"Vous n'aimez pas les retards d'avion… Nous non plus!" Axa vient de présenter sa nouvelle offre baptisée Fizzy. Il s'agit d'une assurance contre le retard d'avion dépassant deux heures grâce à laquelle le souscripteur obtient une indemnisation immédiate et automatique.

La démarche est relativement simple. Il suffit, jusqu'à 15 jours avant le départ, d'entrer le numéro de son billet, de définir le montant de l'indemnisation qu'on souhaite percevoir et de payer le contrat dont le montant est calculé par un algorithme. Développé par Axa, celui-ci utilise notamment Flightstats, la base de données du trafic aérien mondial qui calcule la moyenne des retards sur chaque vol. "Le tarif est réellement sur-mesure" explique un porte-parole de l'assureur.

Une fois que le passager a payé son assurance, tout est automatique. Dès que que le retard dépasse deux heures, l'indemnité prévue au contrat lui est versée. "Un passager qui paie 5 euros au départ récupèrera entre 50 et 200 euros et il est impossible de supprimer ou modifier les transactions écrites dans la blockchain que nous utilisons", nous précise Axa.

Évidemment, s'il a souscrit cette assurance, rien n'interdit à un passager de réclamer également auprès de la compagnie aérienne une indemnisation en cas de retard. Pour l'instant, ce contrat d'assurance ne concerne que les vols directs entre l'aéroport de Roissy-CDG et les États-Unis. Mais Axa compte étendre cette garantie à d'autres destinations dans les mois qui viennent.

Des sites existent déjà

On peut se demander quel est l'intérêt de souscrire une assurance alors que des sites comme AirHelp ou WeClaim proposent déjà de s'occuper, à la place des voyageurs, des démarches administratives permettant d'exiger de la compagnie aérienne qu'elle les indemnise. Une démarche qui ne coûte rien aux passagers. Les sites se rémunèrent sur la compensation que la compagnie va finalement verser. Ils prennent, en général, 25% de la somme versée.

Avec AirHelp, par exemple, il suffit de rentrer les détails du vol et le site se charge du reste. "Nous prenons en charge toute la paperasserie administrative, communiquons avec les compagnies aériennes et si nécessaire, nous entreprendrons des démarches juridiques à celles qui refusent de payer votre indemnisation", peut-on lire sur le site internet.

Changer la relation client

La grosse différence entre Axa et ces sites reste la garantie d'être indemnisé en toutes circonstances. "Nous vous assurons quelle que soit la cause de votre retard: conditions météorologiques, grève…". Ce n'est pas le cas de ces sites. Dans un précédent article, nous vous expliquions que l'indemnisation n'est pas systématique. En cas de "circonstances extraordinaires", la compagnie aérienne n'est pas tenue pour responsable. Il n'y aura donc pas d'indemnisation possible. Par ailleurs, il est très rare de se faire rembourser pour un retard de moins de trois heures, même si cela est déjà arrivé.

Avec cette assurance, Axa compte surtout faire coup double. Tout d'abord, changer la relation client. Les assureurs ont une mauvaise image aux yeux du public. "Ils ont la réputation de mettre du temps à indemniser et à chipoter sur le montant de l'indemnisation" admet Axa.

Par ailleurs, la compagnie teste le concept avec les passagers mais songe aussi à un partenariat avec des compagnies aériennes. "Elles pourront l'inclure dans leur offre tarifaire, sans préciser qu'Axa est derrière. Les passagers apprécieront d'être immédiatement indemnisés en cas de retard", précise le porte-parole. Le tout sans avoir rien à débourser elle-même.

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco