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Après 3 ans de flambée, les revenus des patrons du CAC 40 ont baissé en 2019

Les revenus des patrons du CAC 40 sont en baisse en 2019

Les revenus des patrons du CAC 40 sont en baisse en 2019 - AFP

Selon les estimations du cabinet Deloitte, les rémunérations des grands patrons ont reculé de 9% cette année.

Modération volontaire, pression des actionnaires ou mauvaises performances? Quelle qu'en soit la raison, après trois années de forte hausse, les rémunérations des grands patrons seraient sensiblement en baisse en 2019, selon les estimations du cabinet Deloitte. Concrètement, le repli atteint 9% sur un an avec une rémunération médiane totale des patrons du CAC 40 estimée à 4,3 millions d'euros pour cette année, contre 4,7 millions d'euros en 2018.

La composition des éléments de rémunération est relativement stable avec 25% de salaire fixe, 35% de rémunération variable et 40% d'intéressement à long terme. Soit en valeur, 1,1 million d'euros pour la première composante, 1,5 million pour la deuxième et 1,7 million pour la dernière.

Un changement de paradigme dans la société

En revanche, les critères de performance évoluent progressivement. "Près de 30% des sociétés du CAC 40 ont des critères de RSE (pour "responsabilité sociale des entreprises", NDLR) dans les plans d'intéressement à long terme de leur dirigeant et 80% des entreprises du SBF 120 ont indiqué avoir intégré au moins un critère RSE dans la rémunération variable annuelle de leur mandataire social", relève ainsi l'étude.

"La croissance des résultats financiers doit être désormais nécessairement en interaction avec le respect de l'environnement et l'implication de l'ensemble de ses parties prenantes. La rémunération des dirigeants n'échappe pas à ce changement profond de paradigme au niveau sociétal", assure le cabinet.

D'autant que les polémiques sont récurrentes dans la société en ce qui concerne les rémunérations stratosphériques de certains dirigeants, comme avec Carrefour, Technip ou encore Air France.

Le pouvoir plus important des actionnaires

Enfin, Deloitte remarque le rôle grandissant du "Say on Pay", le vote des actionnaires sur la rémunération de leur dirigeant, dont le taux d'acceptation s'inscrit en hausse à 92%. Soit trois points de plus qu'en 2016. Et pour la première fois depuis que le "Say on Pay" est devenu contraignant en 2017, les actionnaires de trois entreprises ont rejeté la rémunération de leur dirigeant. Il s'agissait de directeurs quittant leur société et de "la remise en cause de leur +package+ de départ", précise Deloitte. "Un manque de transparence reste encore le premier reproche fait par les agences de votation aux entreprises françaises cotées", selon le cabinet.

Cette tendance baissière semble néanmoins limitée aux dirigeants français. A l'étranger les salaires des grands patrons continuent de grimper, de 5% sur un an au Royaume-Uni (6,6 millions d'euros) et même de 8% aux Etats-Unis (10,6 millions d'euros).

OC avec AFP