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400 000 recrutements abandonnés… faute de candidats

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Selon une récente étude, plus de 400 000 recrutements seraient abandonnés chaque année, faute de candidats. Il s’agit de métiers qualifiés, mais qui jouissent souvent d’une mauvaise image et pour lesquels les formations sont insuffisantes.

Plus de trois millions de chômeurs en France et pourtant, tellement de postes à pourvoir ! Selon une étude du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), 400 000 recrutements sont abandonnées chaque année en France faute de candidats. Le COE identifie trois grandes causes de difficultés de recrutement : le déficit d'attractivité de certains métiers (autrement dit le manque de candidats), l'inadéquation entre les compétences attendues par les recruteurs et celles disponibles (déficit de compétences des candidats), et le manque de flexibilité du marché du travail.

Des postes qualifiés disponibles

L'étude du COE liste également les métiers touchés par des difficultés de recrutement, et il ne s’agit pas forcément de métiers peu qualifiés et mal payés. On y trouve des métiers des industries mécaniques et du travail des métaux (ouvriers qualifiés), de l'électricité électronique (dessinateurs), des industries graphiques (ouvriers qualifiés de l'impression), de la maintenance, de la santé (aides-soignantes, infirmiers), de l'informatique (développeurs et chefs de projet) et du commerce (cadres commerciaux).

« Des métiers qui n'existent pas dans l'éducation nationale »

A la fonderie et aciérie de Denain, près de Valenciennes, le manque de main d’œuvre est un problème bien connu. « On recherche des fondeurs, des mouleurs, des métiers qui n’existent pas ou peu dans l’éducation nationale. C’est ça la difficulté », regrette le PDG Christian Szimzack, alors que ses carnets de commandes sont pleins. A l'issue de la conférence sociale, en juin dernier, le gouvernement avait pourtant lancé un plan de formation de 30 000 chômeurs en vue de pourvoir des postes laissés vides, un plan qui n’a pas encore porté ses fruits. Mais au-delà du problème de formation, l’image de certains métiers peut aussi être fatale. « Pour beaucoup, il y a l’attractivité des métiers. Il y a une image ancrée, très négative, dans l’esprit du public et des parents qui s’imaginent que nos usines, c’est encore un peu Zola », explique Serge Merlie, le président régional de l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie.

M. Chaillot avec Lionel Top