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En Italie, l'Etat instaure un cashback de 10% sur les achats des consommateurs majeurs

En décembre, le remboursement pourra atteindre 150 euros. Puis, à nouveau 150 euros tous les semestres. Pour en bénéficier, il faut payer par carte bancaire. Objectif du gouvernement: doper la consommation et lutter contre la fraude fiscale en limitant les paiements en espèces.

En Italie, crise oblige, l’Etat a décidé de jouer les pères Noël. A compter du 1er décembre, tous ses habitants de plus de 18 ans peuvent s'inscrire à un système de cashback leur permettant de récupérer 10% des sommes qu'ils dépensent. Ce nouveau dispositif concernera aussi bien le paiement des achats chez les commerçants que les additions dans les restaurants ou les factures des artisans.

Pour en profiter, le gouvernement a fixé deux contraintes. Il faut obligatoirement payer par carte bancaire et utiliser sa carte au moins dix fois sur le mois. Par ailleurs, au-delà de 1500 euros de dépenses, l’Etat ne rembourse plus rien. Ce cashback unique en son genre permettra tout de même à chaque consommateur majeur de récupérer jusqu’à 150 euros, soit 300 euros pour un couple.

1500 euros de plus pour les 100.000 consommateurs utilisant le plus leur carte

Cette opération destinée à relancer la consommation est en fait le préambule à la formule initiale prévue, elle, pour débuter le 1er janvier 2021 et un peu moins généreuse. Pendant dix-huit mois, jusqu’en juin 2022, les consommateurs pourront récupérer 150 euros... tous les semestres. Lors de son élaboration, le gouvernement avait évalué son coût à 3 milliards d'euros. Avec le "préambule" pour les fêtes, l'addition pourrait atteindre, voire dépasser, les 4 milliards d'euros.

Un coût relatif. L'objectif du gouvernement est, en effet, à la fois d'inciter les Italiens à consommer plutôt qu'épargner tout en privilégiant l'usage de la carte bancaire. Les paiements en espèces, fréquents en Italie, vont donc mécaniquement baisser et, par voie de conséquence, la fraude fiscale qui va souvent de pair avec.

Pour inciter les plus dépensiers à tout payer avec leurs cartes, le gouvernement a même mis au point un stratagème redoutable. L'Etat va verser un super cashback de 1500 euros aux 100.000 consommateurs qui auront réalisé le plus de transactions avec leur carte bancaire.

En Irlande du Nord, tous les ménages vont recevoir des cartes pré-payées à uitilser localement

Au final, avec ces cadeaux, le gouvernement italien pourrait générer dans les prochains mois un confortable surplus de recettes de TVA, une grande partie des produits et services étant taxés à 22%. L'Etat devrait ainsi récupérer d’une main ce qu’il donne de l’autre.

L’Etat ne joue pas les pères Noël qu'en Italie. C’est aussi le cas en Irlande du Nord. Le gouvernement local a prévu de distribuer des cartes pré-payées aux 740 000 ménages nord-irlandais. Son montant définitif n’a pas encore été totalement validé, mais, selon l'Irish News, ce sera au minimum 100 livres, soit 113 euros.

Là encore, il y a une contrainte. Cette carte cadeau qui sera distribuée autour du nouvel an ne pourra être utilisée que dans des magasins situés sur le territoire de l’Irlande du Nord. Pas question de faire les soldes à Londres ou à Dublin avec.

En France, l'augmentation de la prime de Noël, fixe depuis 7 ans, serait la bienvenue

Pour le moment, en France, aucune incitation générale n'est à l'ordre du jour. Le gouvernement a jusqu'à maintenant privilégié les incitations plus sectorielles, à l'instar de la prime à la conversion qui permet de soutenir l'industrie automobile ou les coups de pouce aux ménages les plus modestes, comme la hausse exceptionnelle de l'allocation de rentrée scolaire.

Bruno Le Maire n'exclut pas de renouveler cette forme de soutien à la consommation considéré comme très efficace par les économistes. Nicolas Bouzou propose, par exemple, le "versement d'une allocation exceptionnelle".

Autre suggestion: augmenter la prime de Noël, qui sera versée à la mi-décembre à deux millions de familles. Son montant n'a pas été revalorisé depuis sept ans!

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco