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Thierry Breton: "Pour changer les lignes de production il faut entre 2 et 3 ans, on va le faire en 5 à 6 mois"

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Eprouvée par une crise sanitaire qui a mis en évidence ses lacunes, la France peut-elle renouer avec l’excellence dans l’innovation médicale? Suivez notre émission spéciale sur BFM Business.

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Merci à tous de l'avoir suivi. Bonne soirée.

Agnès Pannier-Runacher: il faut "revaloriser la profession" de chercheur

Sur notre antenne, la ministre Agnès Pannier-Runacher indique que "le maître-mot est d'attirer plus de chercheurs, de revaloriser la profession".

"Les chercheurs britanniques publient 2,5 fois plus que les Français dans les meilleures revues scientifiques mondiales"

Les chercheurs français sont à la traîne en terme de publication dans les revues scientifiques, selon Philippe Pouletty, président d’Abivax et Cofondateur de Truffle Capital. 

"C'est dramatique. La productivité de la meilleure recherche scientifique est très amoindrie en France. Il y a une solution qui marche bien aux Etats-Unis, ce sont les agences de moyens. [...] L'Agence national de la recherche (ANR) soupoudre des petits montants, 300.000 euros à droite à gauche" pour un un budget total de 1,1 milliard alors que celui du CNRS est aux alentours de 6 milliards.

Invité aux côtés de la ministre Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, il a réclamé plus de moyens pour l'ANR afin de financer des projets à coup de plusieurs millions et une refonte pour lui donner plus d'indépendance.

Osivax, un vaccin universel?

A Lyon, la biotech Osivax cherche à développer un "vaccin universel", efficace contre toutes les souches du virus.

"On a un objectif de commencer les essais cliniques début 2022. Ca va vous sembler très long mais on discute avec nos partenaires et nos financiers pour voir si on ne peut pas accélerer les choses", affirme Alexandre Le Vert, président et co-fondateur d'Osivax.

Thierry Breton: "pour monter une usine de vaccins, il faut 4 à 5 ans", "on va le faire en 5 à 6 mois. C'est un exploit"

Dans le monde, 172 millions de doses de vaccin ont été livrées, selon Thierry Breton, commissaire européen chargé de la politique industrielle.

L'Europe en a reçu 33 millions, c'est moins que la Chine et les Etats-Unis.

"On est un tout petit peu en retard mais on a démarré plus tard car nous avons des critères très rigoureux pour s'assurer que les vaccins que nous mettons sur le marché soient sécurisés pour nos concitoyens européens", justifie Thierry Breton.

Sa mission est de "veiller à ce que les industriels puisssent augmenter la cadence" de production sur le territoire européen.

"Nous avons 16 usines de production. Nous sommes le continent qui en possède le plus. [...] Pour faire une usine de vaccin, il faut entre 4 et 5 ans. Là on va le faire le faire en 5 à 6 mois. C'est un exploit incroyable d'un point de vue industriel", se félicite le commissaire européen.

Sanofi, 7ème entreprise pharmaceutique mondiale

Dans le monde, trois des cinq premières entreprises pharmaceutiques sont américaines avec en tête, Johnsons & Johnsons, et deux sont suisses.

Le Français Sanofi est 7ème avec un chiffre d'affaires de 40,6 milliards de dollars, représentant 3,% de parts de marché.

A l'échelle de l'Union européenne, la France est quatrième en terme de production pharmaceutique avec 271 sites industriels. C'est encore une fois moins bien qu'il y a dix ans puisque la France était première en 2008.

"Pour 10.000 molécules que l'on développe, il y en a 1 qui devient un médicament"

"On peut faire beaucoup d'argent tout en faisant le bien sur la planète"

Sur le sujet du financement des biotechs, Rafaèle Tordjman, présidente et Fondatrice de Jeito Capital, explique qu'il faut pousser les entrepreneurs à "penser plus loin" et à diversifier leur portefeuille en proposant plusieurs produits.

Quant aux investisseurs, il faut les "éduquer":

"Les investisseurs doivent se rendre compte qu'on peut faire beaucoup d'argent tout en faisant le bien sur la planète avec des sociétés qui certes, ne vendent pas encore de médicaments et pourtant, qui peuvent valoir beaucoup d'argent car ce ne sont pas des bulles. Il s'agit de vrais futurs médicaments".

Entre la recherche publique et privée, "il y a une vraie incompréhension"

Sur notre antenne, Fréderic Collet, président de Novartis France et président du Leem, déplore qu'il n'y ait pas de "pilotage commun" dans le domaine de la recherche entre le public et le privé.

"J'aime mieux qu'on construise des passerelles plutôt que des murs. Aujourd'hui, entre la recherche publique et privée, il y a une vraie incompréhension et une méconnaissance", explique Frédéric Collet.

"On a tout en France et on n'en tire pas les bénéfices"

En France, il y a "une pudeur excessive quant au fait que la Santé c'est de l'économie, c'est un marché", selon Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet de conseil Asterès.

"En période de crise il faut y aller à fond sur le développement de la santé parce qu'on a tout en France. On a les startups, les labos, le secteur publique et on n'en tire pas les bénéfices", affirme-t-il.

En France, il manque un "organisme unique" comme le Medical Research Council aux Etats-Unis

Pour Paul-Henri Roméo, directeur de l'institut de radiobiologie cellulaire et moléculaire au CEA, la recherche française a un problème structurel:

"Il y a un problème de financement et structurel. Si on regarde la santé, il y en a une partie au CNRS, une autre à l'Inria, à l'Inserm... Il y a peu de dialogue entre ces entités".

Il n'y a pas "d'organisme unique comme le Medical Research Council aux Etats-Unis ou le NIH en Angleterre".

Et "tant qu'il y aura ça, il y aura des querelles de clocher et des administrations multiples qui sont un frein à la recherche publique", affirme Paul-Henri Roméo.

Les chiffres de l'industrie pharmaceutique française

Quelques chiffres de l'industrie pharmaceutique française. La France a perdu du terrain ces dernières années. Elle est désormais numéro 5 mondial alors qu'elle était numéro 4 en 2008.

La France investit 53 milliards d'euros dans la recherche, soit 2,2% de son PIB français. Le pays est à la traîne par rapport à ses voisins européens. Certains investissent ainsi plus de 3% de leur PIB à l'instar de la Suède (3,32%), l'Autriche (3,14%) ou encore l'Allemagne (3,12%).

Surtout, la France rémunère moins bien ses chercheurs puisque les salaires s'élèvent à 63% de la moyenne de l'OCDE.

Les invités

Ce soir, industriels, entrepreneurs, chercheurs, investisseurs et ministre se succéderont sur le plateau de BFM Business. Voici le programme: 

18h10 

Fréderic Collet, président de Novartis France et Président du Leem  
Nicolas Bouzou, économiste et Directeur du cabinet de conseil Asterès
Paul-Henri Roméo, directeur de l'institut de radiobiologie cellulaire et moléculaire au CEA 

18h40 

Fréderic Collet, président de Novartis France et Président du Leem  
Rafaèle Tordjman, présidente et Fondatrice de Jeito Capital
Franck Mouthon, président de France Biotech

19h10  

Thierry Breton, commissaire européen chargé de la politique industrielle 

19h20 

Antoine Levy, économiste et doctorant au Massachusetts Institute of Technology
Alexandre Le Vert, président et cofondateur d’Osivax 

19h40  

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie  
Philippe Pouletty, président d’Abivax et Cofondateur de Truffle Capital.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech