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Vers la fin de la fiche de paie papier en 2017?

La fiche de paie papier va subir un sacré coup de canif en 2017

La fiche de paie papier va subir un sacré coup de canif en 2017 - Mychèle Daniau - AFP

Le projet de loi de Myriam El Khomri sur la réforme du travail prévoit de permettre à tous les employeurs d'opter pour le bulletin de paie électronique sans l'accord des salariés, jusqu'à présent nécessaire.

La fiche de paie papier, celle qu'un salarié touche parfois avec émotion lorsqu'il la reçoit pour la toute première fois, est-elle condamnée à disparaître? En tout cas, une mesure contenue dans le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri, vient précipiter un peu plus sa fin.

Cette disposition, révélée par RTL, prévoit d'autoriser l'employeur à passer au bulletin de paie électronique sans l'accord du salarié. Jusqu'à présent, l'entreprise devait en effet obtenir l'aval de ses employés pour passer à la fiche de paie numérique.

C'est cette obligation que vient supprimer la mesure contenue dans le texte de la ministre, mesure qui entrerait en application au 1er janvier 2017. Les salariés auront toujours la possibilité d'avoir une version papier mais devront expressément en faire la demande à leur employeur.

Système moins coûteux

"On inverse le système actuel. À priori, tous les salariés reçoivent de plein droit leur bulletin sous forme électronique, sauf pour les salariés qui demandent à le recevoir en version papier", explique à RTL Jean-Christophe Sciberras, le DRH de Solvay, à l'origine de la mesure.

Les employeurs peuvent opter pour le bulletin de paie électronique depuis 2009, mais peu d'entre eux ont encore franchi le pas. Cette mesure devrait les encourager à privilégier cette option.

Selon un document de Bercy daté de 2011, le bulletin de paie électronique aurait pour avantage d'être beaucoup moins coûteux que sa version papier. "En moyenne, la dématérialisation du bulletin de salaire occasionne des économies immédiates de l’ordre de 33 à 67 %, permettant une diminution du coût par bulletin à moins de 0,5 euro, archivage à vie pour le salarié inclus", indiquait ce document.

Interrogé par le Figaro, Philippe Arraou, le président de l'ordre des experts-comptables, reste néanmoins sceptique. "Je n'y vois ni une économie ni une simplification pour les entreprises, car on ne réduit pas la phase de construction du bulletin de paie", fait-il valoir.

J.M.