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Un cadre pas satisfait de son travail ne devrait pas avoir peur de démissionner

57% des cadres font état d'une motivation au travail "stable" et 30% d'une motivation en baisse.

57% des cadres font état d'une motivation au travail "stable" et 30% d'une motivation en baisse. - Martin Bureau- AFP

D'une manière générale, les cadres sont heureux dans leur vie professionnelle. Mais ils sont en manque de reconnaissance et cherchent du sens dans leur travail, met en lumière le dernier baromètre de Cadremploi. Trop peu osent cependant se lancer dans la recherche de nouvelles opportunités.

Les cadres souffrent du syndrome de Peter Parker, alias Spiderman. "Ils ont des capacités de super héros, mais ils n'ont pas conscience de leurs pouvoirs sur les entreprises". C'est ainsi que résume Fréderic Dabi, DGA de l'Ifop, la 19ème étude de Cadremploi sur les rapports des cadres au travail.

Si 80% sont satisfaits de leur situation professionnelle, ils n'en affichent pas moins certaines sources de tensions et d'insatisfactions. En témoigne la motivation au travail qui stagne. En effet, elle est stable pour 57% des cadres sondés, et diminue pour 30% d'entre eux. Parmi ces derniers, les femmes sont en plus fortes proportions, tous comme les cadres qui gagnent moins de 35.000 euros par an, ainsi que ceux qui ont songé à démissionner.

Leur rapport au travail est ambivalent. Si les cadres y associent souvent des termes positifs comme motivation (36%) épanouissement (17%), les termes moins élogieux sont aussi fréquents, tels que stress (23%) ou encore ennui (13%).

Un cadre sur dix a démissionné

Clairement, parmi ceux ne sont pas satisfaits de leur carrière, la rémunération arrive en tête (36%) mais l'écart n'est pas si grand avec des valeurs non financières, comme l'absence de sens de leur travail (32%), le manque de perspectives d'évolution (31%), puis le manque de reconnaissance (29%).

"Leurs besoins essentiels sont couverts, avec le plein emploi pour les cadres, analyse Thibaut Gemignani, CEO de Cadremploi, ils peuvent ainsi se loger, nourrir leur famille, s'offrir des loisirs. Leurs attentes se portent donc sur des besoins autres comme l'estime, l'accomplissement de soi".

Un rapport de force en leur faveur

Ces attentes devraient inciter les cadres à sortir de leur zone de confort et à postuler dans d'autres entreprises pour trouver un travail plus épanouissant. Le marché de l'emploi leur est favorable: les créations d'emploi de cadres atteignent un niveau record, avec 73.400 créations nettes selon les chiffres de Cadremploi.

Mais seulement un cadre sur dix a osé démissionner. Pourquoi un tel décalage?

" Les cadres ne sont pas conscients que le rapport de force est en leur faveur, ils minimisent les difficultés réelles des entreprises à trouver la bonne personne", fait valoir Fréderic Dabi.

Ils semblent totalement ignorer que les entreprises se livrent à une véritable guerre pour recruter les talents dont elles ont besoin. Ils sont en effet 54% à penser qu'il est plus facile pour les entreprises de trouver les cadres qu'elles recherchent.

"On peut considérer que c'est une chance pour les entreprises que les cadres n'aient pas encore perçu qu'ils étaient en position de force. Car ce serait un défi supplémentaire pour elles, en plus de la pénurie, que de devoir répondre à toutes les attentes et aspirations des cadres", conclue Thibaut Gemignani.
Coralie Cathelinais