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Travail : 58% des salariés français font des heures sup’ non rémunérées

39% des cadres comptent demander une augmentation.

39% des cadres comptent demander une augmentation. - Miguel Medina - AFP

Selon l’étude The Workforce View in Europe d’ADP (Automatic Data Processing), 12% des répondants assurent même travailler plus de 10 heures par semaine gratuitement.

Loin des stéréotypes, l’étude The Workforce View in Europe d’ADP (Automatic Data Processing) montre que les Français n’ont pas peur de s’impliquer dans leur travail. Y compris sans forcément être rémunérés pour cela. Ainsi, 58% des salariés français affirment faire des heures supplémentaires non rémunérées. En moyenne, ils travaillent 4h37 sans contrepartie.

Un répondant sur 8 (12 %) dit même travailler plus de 10 heures par semaine gratuitement, souligne même l'étude. « Malgré de nombreux rapports et mesures très médiatisés montrant l'importance de la reconnaissance et du bien-être des salariés (droit à la déconnexion, chartes, télétravail…), il semble que des employeurs ne parviennent pas toujours à trouver le juste équilibre entre l’engagement des collaborateurs, le nombre d’heures effectuées et le sentiment d’une juste rétribution » témoigne Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse. « Au-delà du risque d’épuisement auquel peuvent être exposés certains salariés, ce sont des situations qui génèrent des pertes de motivation avec des conséquences négatives à long terme sur la santé, la productivité et donc la performance globale de l’entreprise. »

Les jeunes moins concernés

Mais cela ne concerne pas que la France. Nos voisins européens sont aussi très concernés par cette situation. 71% des Allemands affirment aussi réaliser des heures sup’ sans être rémunérés, tout comme 67% des salariés espagnols et 66% des Britanniques. Ces derniers sont aussi 22% à travailler gratuitement plus de 10 heures par semaine.

En revanche, le phénomène diminue avec les jeunes. « Seulement 7 % de la génération Z (16 à 24 ans) déclare en effectuer plus de dix heures par semaine, soit deux fois moins que leurs ainés de la génération Y (16% des 25-34 ans) » indique l’étude.

Du côté des secteurs concernés, c’est dans le bâtiment et dans l’ingénierie qu’on retrouve le plus de fois au moins 5 heures non payées (59%). Concernant les « + de 10 heures », il faut se tourner vers les secteurs des arts et de la culture, ainsi que dans l'informatique et les télécommunications.

Les recherches ont été menées en octobre 2018 par Opinion Matters, agence indépendante d’études de marché. L’échantillon représente 10 585 salariés dans huit pays à travers l’Europe : France (1410 personnes), Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suisse et Royaume-Uni.