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Recrutement: qu'est ce qui fait fuir un candidat?

L'attitude de certains recruteurs ne donne pas du tout envie au cadre de rejoindre l'entreprise.

L'attitude de certains recruteurs ne donne pas du tout envie au cadre de rejoindre l'entreprise. - Unsplash- CC

Dès les premiers échanges avec le recruteur, le candidat se fait une idée de l'entreprise… et de son envie de la rejoindre. Pour éviter que les meilleurs profils passent à la concurrence, voici les écueils à éviter.

La sclérose du marché de l'emploi a laissé à tort entendre que seul le recruteur a le pouvoir de dire non. Pourtant, le candidat a lui aussi le choix de décliner une offre pour un job. Mais pas seulement parce que le salaire ne lui plaît pas ou que les missions ne le motivent pas assez. La perception qu'il a de l'entreprise est tout aussi importante dans son choix… et cela se joue dès les premiers contacts, lors de l'entretien d'embauche.

Dans un livret blanc sur les processus de recrutement, le cabinet Robert Walters a étudié les facteurs qui façonnent les premières impressions des candidats, ce qu'ils attendent du recruteur, tant lors de l'entretien que dans les jours qui suivent. Il en ressort que certains points sont totalement rédhibitoires et ne donnent qu'une envie au postulant: aller voir ailleurs. En plus de risquer de voir filer les meilleurs éléments à la concurrence, ce mauvais contact est aussi nuisible à la marque employeur puisque ces candidats n'hésitent pas à faire part de cette mauvaise expérience à leur entourage. Voici donc les facteurs qui peuvent faire fuir un candidat.

Un feeling qui passe mal

Le recruteur est en quelque sorte l'ambassadeur de l'entreprise. C'est au travers de son discours et de son attitude que le candidat peut avoir une idée des valeurs de l'entreprise et l'attention qu'elle porte à ses collaborateurs. Si le recruteur élude certaines questions, fait preuve d'une flagrante méconnaissance du poste à pourvoir ou encore pose des questions déplacées, il est assuré de marquer des mauvais points auprès du candidat. Tout comme s'il se montre peu disponible et arrive en retard. Ce manque de politesse contrarie plus de 8 candidats sur 10.

Le manque d'informations

Si l'entretien est l'occasion pour le recruteur de voir si le candidat a pris la peine d'étudier les activités de l'entreprise, c'est aussi le moyen pour ce dernier d'en savoir plus sur le poste à pourvoir. Est-ce une création ou bien un remplacement? Quels sont les prochains projets qui vont être lancés? Quel va être le périmètre de responsabilité? Avec quels services faut-il collaborer? À quoi va ressembler la première semaine de travail? Pour 99% des candidats, il est essentiel de recevoir des informations précises. Quand aucune réponse détaillée n'est donnée, cela laisse à penser que l'employeur a des choses à cacher... et le cela pousse le candidat à passer à autre chose.

Un retour qui se fait attendre

Lors de la conclusion de l'entretien, le recruteur n'avait pas manqué d'indiquer qu'il rendrait compte de sa décision dans la huitaine à venir. Mais en réalité, le délai a été largement dépassé avant qu'il ne daigne envoyer un mail ou passer un coup de fil. Ou pire encore, aucune nouvelle n'a été donnée. Ce qui est très courant: 79% des candidats déclarent avoir déjà passé un entretien sans jamais avoir eu de retour, alors que 99% estiment que c'est une étape indispensable. Ce mutisme de la part des employeurs est vécu comme un manque de respect, qui ne donne qu'une envie: ne jamais avoir affaire avec cette entreprise.

Un processus de recrutement trop long

Les candidats s'attendent à être fixés rapidement sur leur sort. S'ils considèrent en majorité que passer 3 entretiens fait partie du processus normal, ils ne s'attendent pas à devoir patienter au-delà de deux mois avant de recevoir leur proposition d'embauche. Ils risquent donc de mettre à profit cette attente pour continuer leurs recherches et trouver mieux ailleurs. D'ailleurs, 57% des candidats sont prêt à décliner l'offre s'ils estiment que le processus est trop long.

Coralie Cathelinais