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Pourquoi les Français sont-ils si malheureux au travail?

Les Français ne sont pas très bien classés par rapport aux travailleurs des autres pays sur les questions de bien-être au travail.

Les Français ne sont pas très bien classés par rapport aux travailleurs des autres pays sur les questions de bien-être au travail. - Juli - Flickr - CC

"Les travailleurs de l’Hexagone sont en moyenne moins nombreux que les autres salariés du monde à se déclarer heureux au travail. Parce que leur entreprise porte peu d’attention aux sujets qu’ils estiment pourtant essentiels à leur épanouissement."

Le bien-être au travail. Le sujet est sur toutes les lèvres dans le monde des ressources humaines et du management. Les articles de journaux se multiplient sur le soin grandissant qu’accordent les entreprises au bonheur de leurs salariés. Une préoccupation qui vise à mieux fidéliser les collaborateurs, à les rendre plus efficaces, plus motivés. Il était donc temps de dresser un état des lieux du bonheur au travail, et de ce qui rend les effectifs épanouis dans leur open space. C’est ce qu’ont fait Edenred et Ipsos, dans une vaste étude publiée ce jeudi.

Premier résultat de la consultation de près de 15.000 travailleurs dans 15 pays du monde: les salariés du monde entier sont majoritairement heureux au travail, à 70%. Mais les Français eux, se situent en-dessous de la moyenne, parmi les derniers du classement: seuls 67% d’entre eux déclarent se sentir bien au bureau.

La gestion des compétences, le secret du bonheur au travail?

Pourquoi? Première raison: la moitié des Français interrogés considèrent que leur entreprise ne fait rien pour les aider à s’y sentir bien. Elle ne met en place aucune politique en ce sens. Et puis ils estiment manquer d’attention et de considération de leur hiérarchie. Ils considèrent aussi que leur patron ne se préoccupe pas de leurs compétences et leur formation. Et enfin, ils sont peu confiants sur leur avenir au sein de l’entreprise.

Ce qui rend les Français malheureux -ou heureux- au bureau n’a pas forcément d’importance pour des salariés d’autres origines. L’étude note que les composantes du bien-être au travail varient selon les pays. Mais globalement, la principale raison donnée par ceux à qui on demande ce qui les rend heureux, c’est que leur entreprise fasse en sorte de développer leurs compétences. Elle leur donne des possibilités de se former, de se lancer dans de nouveaux défis, d’acquérir de nouvelles compétences. En creux, ils valorisent donc les opportunités d’évolution interne que ces pratiques leur ouvrent.

L'entreprise a intérêt à mieux traiter ses seniors

Deuxième critère d’importance: la gestion des fins de carrière. Mieux l’entreprise traite ses seniors, plus les salariés sont heureux. Et justement, d’après les Français interrogés, la France pêche grandement sur ces questions de gestion des compétences et de manière de s’occuper des seniors.

Selon l’étude, les Indiens sont les plus heureux au travail (près de 9 sur 10), les Japonais les plus malheureux (seuls 4 sur 10 se disent satisfaits). Dans le haut du classement, on trouve aussi le Mexique, les États-Unis, le Chili et le Brésil. Des économies à forte croissance, bien mieux placées que les économies matures comme les pays européens. Ce qui s’explique plutôt facilement: les salaires y évoluent vite, et n’y sont pas terrorisés à l’idée de perdre leur travail.

Méthodologie: Pour cette 11ème édition du baromètre Edenred-Ipsos, 14.400 salariés de 15 pays ont été interrogés en ligne au cours du mois de janvier 2016 sur leur bonheur au travail et ce qui le compose. 

Nina Godart