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Ne pistonnez plus vos jeunes pour des jobs d'été!

Vous pensez bien faire en aidant vos enfants et ceux de vos proches à travailler un mois ou deux dans votre open space? En réalité, vous ne leur rendez vraiment pas service.

Un proche vous demande de pistonner un étudiant pour qu’il ait un job d’été dans votre entreprise? Vous feriez peut-être mieux de décliner. Parce qu’en croyant bien faire, apparemment, vous ne leur rendez pas du tout service.

C’est le sujet d’une tribune documentée d’une spécialiste américaine de l’éducation sur Quartz. Elle y explique que bien sûr, vous pensez que passer un mois dans le cabinet d’architecte de tonton, ou dans la banque d’investissement de maman, ce sera constructif pour leur avenir. En réalité, c’est tout le contraire. Plutôt qu’un stage hype, il leur faut un job pénible et le moins glamour possible! La meilleure expérience pour "le jeune", ce serait de vendre des glaces ou des burgers, ou d’aller faire les vendanges. Travailler dans un endroit où tout le monde est logé à la même enseigne.

Un job "chic" réduit leur perspectives d'avenir

Une des raisons est donnée par un professeur d’Harvard, Richard Weissbourd, qui a beaucoup travaillé sur l'amélioration du recrutement des grandes écoles. Il dit que les parents pensent souvent qu’une expérience “chic” ouvre plus grand l’horizon professionnel de leur enfant. En fait, selon lui, cela réduit à l’inverse leurs options futures.

En outre, travailler dur pour gagner peu, c’est l’école de la vie, selon ce chercheur. Être confronté à des clients parfois odieux, à un manager autoritaire, devrait les aider à développer leur empathie. Une qualité qui favorise la résilience, et donc en bout de course, le succès professionnel futur. C’est ce que démontre Michele Borba, l’auteure d'"Anti-Selfie: pourquoi les enfants empathiques réussissent dans notre monde égocentrique", un livre sur ce thème.

Un plus pour intégrer de grandes écoles

Enfin, un job "à la dure" peut les aider à intégrer les meilleurs établissements secondaires. Parce qu’aujourd’hui, parmi les postulants aux grandes écoles, très peu travaillent dans un fast food l’été. Du coup, les recruteurs apprécient. Encore plus si "le jeune" en a tiré des leçons de vie.

En définitive, tout est bon pour les étudiants dans ces expériences difficiles: ils se débrouillent eux-mêmes pour le décrocher -écrire une lettre de motivation pour vendre des burgers, c’est forcément formateur-, ils se confrontent à l’autorité. Et puis ils sont payés, ils découvrent la joie de cotiser! Et pour vous, c’est plein de bonnes excuses pour ne pas vous coltiner l’ado au bureau.

Nina Godart