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Les salariés au bord de la crise de nerfs

Selon l’institut OpinionWay, la moitié d’entre eux sont en situation de détresse psychologique et 31% risquent la dépression. Les plus touchés sont les jeunes, les femmes et les managers.

L’assouplissement des règles sur le télétravail annoncé pour le 7 janvier par Elisabeth Borne arrive à point nommé. Le deuxième confinement a en effet mis la santé mentale des salariés à rude épreuve. Selon l’institut OpinionWay, la moitié d’entre eux sont en situation de détresse psychologique et 31% risquent la dépression. Evaluée pour la cinquième fois depuis le début de la pandémie par le cabinet Empreinte Humaine, la santé psychologique des salariés n’a jamais paru autant altérée.

"A titre de comparaison certains pays utilisant les mêmes questionnaires constatent deux fois moins de détresse psychologique élevée que chez nous", souligne le psychologue Christophe Nguyen, président d’Empreinte Humaine. Les plus touchés sont les moins de 29 ans, les femmes et... les managers. Ceux qui sont sous leur responsabilité le ressentent clairement. 35% des salariés affirment que l’état psychologique de leur manager les inquiètent.

22% des salariés en télétravail du lundi au vendredi

Et la principale cause de ce mal-être ne fait pas de doute. Selon OpinionWay, la proportion de télétravailleurs a augmenté par rapport au premier confinement. Quatre salariés sur dix restent chez eux au moins une partie de la semaine. Et 22% des salariés ne se rendent plus du tout sur leur lieu de travail. Et cette situation est loin de tous les satisfaire. Ils ne sont plus que 55% à souhaiter rester en télétravail complet contre 69% en octobre.

L’impression d’être devenu "invisible" est de plus en plus répandue. 43% des télétravailleurs partagent ce ressenti. Une situation compliquée à gérer pour les managers. Parmi eux, huit sur dix soulignent qu’il est plus difficile de repérer les signaux de détresse psychologique à distance. D’autant qu’ils font face à des salariés qui préfèrent ne pas partager leur mal-être. La moitié d’entre eux avouent faire semblant d’être de bonne humeur pour ne pas inquiéter leur équipe !

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco