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Les salaires augmenteront moins l'an prochain qu'en 2016

Cette année, les salaires ont connu un sursaut avec une hausse de 2,7%. En 2017, la progression devrait se limiter à 2,3%.

Les entreprises installées en France prévoient d'augmenter "avec prudence" les salaires. De l'ordre de 2,3% en 2017, selon une enquête d'Aon Hewitt. L'an dernier, les entreprises sondées à la même période anticipaient une hausse de 2,4% pour 2016, mais l'augmentation "réalisée" a été finalement supérieure, de l'ordre de 2,7%, selon les informations recueillies par le cabinet. 

"Après un sursaut en 2016, on retombe pour 2017 à des niveaux un peu inférieurs. Les entreprises sont prudentes car elles pensent que l'inflation restera faible et la visibilité économique n'est pas au rendez-vous", explique à l'AFP Vincent Cornet, directeur Rémunération globale au sein du cabinet.

La France "bonne dernière"

Par rapport à ses voisins allemand et britannique, où les entreprises anticipent respectivement des hausses de 2,8% et 2,9% (-0,1 point par rapport à 2016 dans les deux cas), la France "reste bonne dernière", écrit le cabinet dans son communiqué. Ce taux "historiquement bas" reste "néanmoins très supérieur à l'inflation prévue en 2017" (+0,5% selon l'Insee), souligne Aon Hewitt.

Pour 2017, les projections détaillées anticipent une progression de 1% des augmentations générales, versées à tous les salariés indépendamment de leurs performances individuelles, et de 2,2% pour les gratifications individuelles.

Sur l'échantillon de 306 entreprises interrogées du 6 juin au 22 juillet par le cabinet, près de la moitié des entreprises (47%) indiquent avoir pratiqué uniquement des hausses individuelles en 2016. Les plus généreuses dans leurs prévisions sont les entreprises étrangères implantées en France (+2,4%). Celles ayant leur siège social dans l'Hexagone affichent une hausse moindre (+1,9%). Seules 2,1% des entreprises sondées envisagent un gel des salaires l'année prochaine.

Le bien-être pris en compte

D'après une enquête complémentaire menée en juillet et août par le cabinet, le bien-être au travail fait son entrée cette année dans les préoccupations affichées par les entreprises, derrière la gestion des talents, citée comme première priorité par 23% des établissements, et à égalité avec la baisse des coûts (13%).

Le cabinet Willis Towers Watson publie également mardi des projections très proches pour 2017, avec une hausse prévue des budgets salaires de 2,4% en moyenne dans les grandes entreprises basées en France. Selon ce cabinet, qui a sondé 350 entreprises entre mi-juillet et mi-août, 98% des entreprises ont prévu d'augmenter les salaires mais, dans 41% des cas, la hausse sera inférieure ou égale à 2%.

Cette deuxième enquête met en évidence des différences marquées entre secteurs. Des augmentations supérieures sont ainsi annoncées dans le secteur des logiciels et de l'e-commerce (respectivement 2,8% et plus de 3%), tandis que le secteur de l'énergie et des ressources naturelles sera le moins bien loti (+1,7%), conséquence de la chute continue des cours du pétrole et des matières premières.

D. L. avec AFP