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"Les entreprises croient à tort que bien éclairer les bureaux coûte cher"

Stéphane Ramponi, le fondateur d'Ilico, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business, ce lundi.

Stéphane Ramponi, le fondateur d'Ilico, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business, ce lundi. - BFM Business

"Stéphane Ramponi, fondateur d'Ilico, était l'invité de BFM Business ce lundi. Il y a évoqué un problème peu connu dans les entreprises: la faiblesse et la mauvaise qualité de l'éclairage des bureaux."

Personne ne s'occupe de la lumière dans les entreprises. C'est le constat dressé par la start-up Ilico, spécialiste de l'éclairage. Au terme de ses études sur le sujet, elle a constaté que "les bâtiments professionnels [étaient] fortement sous-éclairés", souligne son fondateur, Stéphane Ramponi, sur BFM Business ce lundi.

83% des entreprises prospectées sont, au niveau de l'éclairage, dans l'état dans lequel seraient les bureaux s'ils étaient chauffés à 12 degrés au lieu de 20. "On n'imagine pas travailler dans des bureaux à 12 degrés". En cause, selon lui, le fait que "la lumière ne [fasse] partie d'aucun cursus de nos écoles d'ingénieurs", à la différence du son par exemple. Parce que bien souvent, elle "est plutôt considérée comme une discipline artistique".

L'autre raison de ce mauvais éclairage qui nuit à la santé et à la productivité des travailleurs est un préjugé dont il faut se défaire, souligne Stéphane Ramponi: l'idée selon laquelle éclairer correctement ses locaux coûte une fortune. "C'est une légende urbaine. Les entreprises considèrent l'éclairage sous l'aspect énergétique. Elles se disent que plus elles éclairent, plus elles consomment. C'est faux", affirme-t-il.

Vuitton économise en éclairant mieux ses ateliers 

En fait, les entreprises peuvent même gagner de l'argent en optimisant leur manière d'illuminer leurs locaux. À condition de "maîtriser les technologies de l'éclairage, qui ont beaucoup changé ces dernières années", explique le fondateur d'Ilico. "L'éclairage vit sa deuxième révolution copernicienne. La première, c'était l'invention de l'ampoule électrique", continue-t-il. Aujourd'hui, nous sommes passés à "l'ère du semi-conducteur", qui offre "beaucoup plus de performance, beaucoup plus de sobriété".

Ilico a notamment travaillé chez Vuitton, dans des ateliers de maroquinerie. Tout en améliorant l'éclairage, la start-up est parvenue à faire baisser la facture électrique de la manufacture du géant du luxe. "Des maroquinières devaient faire du travail de précision dans un local qui ne proposait qu'un tiers de l'éclairement requis", raconte le spécialiste. Outre le manque de lumière, se posait le problème de sa qualité: "Il y avait aussi beaucoup d'éblouissement provoqué par l'éclairage".

Après les travaux préconisés par la start-up, qui est un bureau d'étude indépendant de ceux qui font les installations et les travaux, les niveaux de luminosité ont été multipliés par trois, tandis que la gêne visuelle a largement baissé. Désormais, les ouvrières "quittent la ligne avec le sourire, nous a dit le directeur de la production".

PHOTOS: Avant / Après dans l'atelier Vuitton

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N.G.