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La politique, un sujet tabou au bureau?

Faut-il afficher ses préférences politiques à ses collègues sans pour autant jouer le remake du dernier débat des primaires au milieu de l'open space? Selon un sondage OpinionWay, 31% des salariés jugent qu'une discussion politique au bureau peut bloquer à terme une augmentation ou encore conduire à leur licenciement.

Le sujet est épineux. Déjà que les conversations entre supporters d'équipes de foot rivales peuvent rapidement devenir tendues, qu'en est-il quand deux collègues ont des avis politiques opposés? Afficher ses convictions est dangereux. Selon un sondage OpinionWay, 31% des salariés jugent qu'une discussion politique au bureau peut bloquer à terme une augmentation ou encore conduire à leur licenciement.

Pourtant, lors de la pause-café, on ne peut pas parler que de la pluie et du beau temps: l'actualité s'invite régulièrement dans les conversations. D'après le Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po, 57% des salariés affirment aborder ce sujet potentiellement conflictuel avec leurs collègues.
Selon les experts en management, "il faut dédramatiser et désacraliser la politique en entreprise. Moins le sujet politique est tabou, moins il y a de crispations".

Parler des bourdes des politiques pour égayer le déjeuner

Pour égayer le déjeuner à la cantine, on peut donc sans prendre de risques évoquer la bourde de Juppé sur Prisunic ou celle de Copé sur le prix des pains au chocolat. Si la conversation est plus orientée, et que l'on vous interpelle pour savoir si un second mandat de Sarkozy vous enthousiasmerait… difficile de savoir quelle attitude adopter. Mais si votre voisin s'exprime, sachez que la probabilité pour qu'il soit de gauche est plus forte. "En France, contrairement à d'autres pays, celui qui se situe à droite parle moins politique que celui qui se réclame de gauche", explique le Cevipof. Voilà qui devrait vous aider à construire une réponse prudente sur votre soutien éventuel à l'ancien président. 

Enfin, rien ne sert de prêcher pour votre parti politique favori ou encore de faire la promotion de celui ou celle que vous voyez prendre le destin de la France en main lors de la présidentielle. Selon Opinion Way, pour 60% des employés, les discussions politiques ne changent rien à leur propre conviction.

L.C. avec C.C.