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Des dirigeants d'un magasin E.Leclerc mis en examen pour harcèlement moral

Vingt cinq salariés avaient déposé plainte contre les dirigeants du magasin Leclerc d'Héricourt (Haute-Saône) qui ont été mis en examen.

Vingt cinq salariés avaient déposé plainte contre les dirigeants du magasin Leclerc d'Héricourt (Haute-Saône) qui ont été mis en examen. - Philippe Desmazes-AFP

Femmes enceintes devant porter des charges lourdes, heures supplémentaires non comptabilisées, remarques désobligeantes: deux propriétaires d'un supermarché à Héricourt (Haute-Saône) et leur directeur commercial ont été mis en examen mercredi pour harcèlement moral. Les faits ont été révélés lors d'une procédure début 2018 devant les prud'hommes initiée par 14 salariés licenciés.

Alors que le procès France Télécom se tient encore pour plusieurs semaines, une autre affaire de harcèlement moral, concernant la direction d'une grande surface commerciale, a été révélée. Le couple de propriétaires d'un magasin Leclerc à Héricourt (Haute-Saône) dans l'est de la Farnce et le directeur commercial ont été mis en examen ce mercredi pour harcèlement moral.

Les trois suspects sont soupçonnés "d'avoir eu des comportement et des propos humiliants, menaçants qui ont conduit un grand nombre de salariés à des burn-out ou des arrêts maladie, permettant aux employeurs de les déclarer inaptes à leurs postes et de les licencier", a détaillé le procureur de la République de Vesoul, Emmanuel Lepic.

Une quatrième personne, le directeur financier, né en 1973, a été mise en examen "pour complicité de harcèlement moral pour avoir cautionné un système où les droits des salariés n'étaient pas respectés", a indiqué le magistrat de Vesoul.

Quatorze salariés licenciés devant les prud'hommes

Tous ont été placés sous contrôle judiciaire avec l'obligation de payer une caution, l'interdiction de se présenter dans la commune et d'exercer une gestion d'entreprise commerciale. Les suspects, qui contestent les faits, encourent deux ans de prison, 30.000 euros d'amende et l'interdiction de diriger une entreprise.

Les faits ont été révélés à l'occasion d'une procédure début 2018 devant les prud'hommes de quatorze salariés licenciés de ce magasin Leclerc à Héricourt. L'enquête, ouverte par le parquet l'été suivant et confiée à la police judiciaire de Dijon, a révélé "un harcèlement moral important, pendant neuf ans, avec une pression quotidienne sur les employés qui a conduit à une détresse physique et psychologique", a précisé le procureur.

La badgeuse fut retirée par la direction

Selon les témoignages des quatorze salariés, auxquels se sont ajoutées onze personnes au fil de l'enquête (soit 25 personnes en tout), la badgeuse - permettant de comptabiliser le temps de travail - avait été retirée par le couple à son arrivée en 2010. Les heures supplémentaires n'étaient pas prises en compte et la porte de la salle de pause avait été enlevée pour "une surveillance constante".

Des salariées enceintes et des employés en situation de handicap étaient contraintes d'occuper des postes avec des charges lourdes à porter ou des horaires inadaptés à leur état. Certains des plaignants ont dénoncé "des propos racistes", des femmes "des remarques sur leur silhouette ou leurs vêtements", a dit le procureur.

Les salariés, majoritairement des femmes, "étaient des personnes souvent employées en CDD par une agence d'intérim, qui soit démissionnaient, soit étaient licenciées", a précisé le procureur.

Frédéric Bergé avec AFP