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De l'aveu des DRH, les entreprises récompensent mal leurs salariés

C'est surtout au travers de bonus financiers que l'entreprise remercie ses meilleurs éléments. 60% privilégient les primes, les augmentations ou encore l'attribution d'une voiture de fonction.

C'est surtout au travers de bonus financiers que l'entreprise remercie ses meilleurs éléments. 60% privilégient les primes, les augmentations ou encore l'attribution d'une voiture de fonction. - Geralt - CC

Des objectifs de production atteints, des compétences au-dessus du lot, ou encore des qualités humaines qui assurent la cohésion d'un service... Il y a de multiples motifs pour récompenser un salarié qui excelle. Mais plus d'un DRH sur deux estime que la politique de reconnaissance de son entreprise n'est pas satisfaisante.

Se sentir reconnu dans son travail fait partie des critères de bien-être et de motivation de tout travailleur. Mais les entreprises ont du mal à mettre en œuvre une politique de reconnaissance vis-à-vis de leurs collaborateurs. Seuls 9% des DRH estiment faire ce qu'il faut, selon une étude réalisée par le cabinet Fidal (1). Ils sont en revanche 54% à penser que la politique de reconnaissance de leur entreprise n'est pas satisfaisante et 57% à déclarer qu'elle peut encore être améliorée. Pourtant, peu d'entreprises sont prêtes à prendre les choses en main: seulement 13% anticipent un profond changement de cette politique dans un proche avenir, et 36% envisagent un changement à la marge.

De la prime à la lettre de félicitation

Sans surprise, c'est surtout au travers de bonus financiers que l'entreprise remercie ses meilleurs éléments. 60% privilégient les primes, les augmentations ou encore l'attribution d'une voiture de fonction. Décerner une promotion, donner davantage de responsabilités ou encore avoir voix au chapitre lors des décisions importantes est une forme de reconnaissance prisée par 59% des entreprises. C'est tout autant que celles qui vont récompenser leurs meilleurs éléments en leur accordant des félicitations, ou bien en leur montrant au quotidien qu'ils ont toute la confiance de leur manager. Pour 27% des entreprises, les félicitations pourront prendre la forme d'une lettre, d'un cadeau ou d'une médaille, ou encore d'une place au tableau d'honneur.

Travailler comme un forçat n'est pas le critère le plus pertinent

Mais comment une entreprise peut-elle identifier les collaborateurs qui sortent du lot? Dans 72% des cas, ce sont ses collègues qui font remonter l'information, juste devant son manager et le client (68%). Ce sont surtout les résultats obtenus par cette personne qui permettent de la distinguer, que ce soit sur des objectifs de production, commerciaux ou encore qualité. C'est en tout cas le critère retenu par 78% des professionnels des ressources humaines. Autre critère jugé pertinent par 65% des sondés: les compétences dont dispose le salarié, que ce soit dans la maîtrise de son poste, sa polyvalence, ou encore sa qualification. Un comportement exemplaire peut aussi permettre d'être distingué: 63% des DRH récompenseront le salarié qui a l'esprit d'équipe, fait preuve de loyauté ou encore est force de proposition.

En revanche, être dur à la tâche n'est pas le meilleur moyen d'être congratulé. Accepter une forte charge de travail, se montrer flexible et faire preuve d'adaptation n'attire l'attention que de 46% des DRH sondés.

Mais cette échelle de valeur est amenée à évoluer. Les entreprises déclarent vouloir baser à l'avenir leur politique de reconnaissance plus sur les qualités des personnes et leur comportement et moins sur leurs résultats et leurs compétences. Par exemple, 61% des DRH sondés veulent désormais valoriser les efforts fournis par leurs équipes.

(1) Enquête menée auprès de 423 responsables dans les ressources humaines

C.C.