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Adoptez le vocabulaire d'un dirigeant digne de ce nom

Quand on doit parler devant ses équipes, il est impératif de soigner son expression. Il y a des mots interdits, des mots tout droit issus des manuels de management et des mots qui sont devenus des tics à éviter.

Quand on est dirigeant en 2016, il faut savoir maîtriser l'art de la communication. Il est primordial de savoir donner des directives claires, de convaincre et motiver ses équipes …tout en évitant de les fâcher avec des tournures maladroites.

Ainsi, il faut définitivement arrêter de dire "mes salariés", qui fait un peu patron d'ancienne génération, pour le remplacer par "mes collaborateurs".

Lorsque vous donnez les axes de développement, naturellement, il ne faut pas dire "je vais vous donner des trucs impossibles à faire et vous allez vous battre pour un résultat improbable". Il faut y mettre les formes pour ne pas démotiver vos équipes. D'ailleurs, il ne faut pas leur dire que vous leur lancez un défi, trop connoté années 90, mais parlez leur d'un challenge.

Un vocabulaire de conquérant

Il ne faut pas hésiter à utiliser un vocabulaire tout droit emprunté au monde de la guerre. Votre objectif est de devenir leader de votre secteur? Alors parlez à vos collaborateurs de "conquête de marchés", de "guerre des prix", et pour y parvenir, mettez-vous "en ordre de bataille" pour "imposer votre leadership" et "écraser la concurrence". Sans oublier la fameuse "culture d'entreprise", très importante en 2016, ou encore son "ADN".

Si vous traversez des difficultés, c'est aussi de votre devoir de dirigeant d'en informer vos collaborateurs. Il ne faut naturellement pas leur dire "c'est la crise, on est foutu". Mais privilégiez le vocabulaire médical en expliquant que les marchés sont "déprimés", "anesthésiés" ou "anémiés".

Si l'entreprise va très mal, au point qu'il est nécessaire de réduire la voilure, il ne faut pas parler de plan social, mais de "plan de sauvegarde de l'emploi". De même, on ne parle pas de "cession d'activité", mais de "recentrage sur le cœur de métier" ou de "retour aux fondamentaux".

Éradiquer les tics de langage

Il faut également faire attention aux tics d'expression qu'ont bien souvent les dirigeants. Il faut ainsi éliminer le très fameux "je veux dire", qui est une tentative maladroite pour rehausser un propos comme dans "ce produit est nul, je veux dire on peut se demander s'il est bon". "En clair", c'est une tentative pour sortir d'une explication nébuleuse.

Évoquons le "absolument" qui a remplacé le oui. Il marque votre adhésion totale. "Est ce que tu viens à la cantine? Absolument!".

Attention quand on rentre chez soi avec les mots de la vie de bureau. Si vous commencez à dire à vos enfants qui vous posent une question :"Je te fais un retour" ou "je reviens vers toi asap", il est grand temps de faire une pause.

Laure Closier édité par C.C.