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6 astuces pour tirer le meilleur parti de la génération Y

Inutile d'être tout le temps sur son dos, le jeune collaborateur aime travailler en toute autonomie.

Inutile d'être tout le temps sur son dos, le jeune collaborateur aime travailler en toute autonomie. - Startupstockphoto- CC

Les 25-35 ans n'ont pas la même vision du travail que leurs aînés. Pour mettre à profit leurs compétences et leurs qualités, il faut adapter sa manière de manager à ces "digital natives". Pour un retour sur investissement inégalable.

À chaque génération ses valeurs. Pour celle des 25-35 ans, aussi appelés les digital natives, l'entreprise n'a plus le caractère sacré qu'elle avait auprès de leurs aînés. Rester toute sa vie dans la même boîte? Ils n'y pensent pas. Bosser au point de tout sacrifier sans avoir de retour? Une ineptie. Supporter une hiérarchie ultra-conservatrice? Autant aller voir ailleurs.

Un comportement qui ne peut que dérouter les managers, pour l'essentiel issus des générations précédentes. Mais voilà, ces digital natives sont curieux, autonomes, réactifs, ouverts à l'international. Autant de qualités qui ne peuvent qu'être profitables aux entreprises et aux managers qui prendront soin d'adapter leurs méthodes à ces jeunes. C'est finalement assez simple et profitable pour l'ensemble des collaborateurs, y compris ceux un peu plus âgés.

1- Faire preuve de flexibilité

Rien n'énerve plus ces jeunes collaborateurs que de s'entendre dire "il y a des règles, et c'est comme cela". Pourquoi se montrer rigide sur les horaires en leur imposant du 9h-18h alors qu'ils peuvent gérer leur travail comme bon leur semble? "Il faut se montrer strict sur ce qui doit être fait et le calendrier, mais pour le reste, il faut laisser le jeune organiser son travail comme il le souhaite", conseille Xavier Cornette de Saint-Cyr, coach et formateur au sein d'Hexalto.

Il faut prendre conscience que ce n'est pas parce que ce collaborateur n'est pas au bureau qu'il ne travaille pas puisque les outils numériques lui laissent la possibilité de travailler où bon lui semble. "Cette génération ne compte pas ses heures de travail, et ces jeunes salariés ont bien souvent du mal à faire la coupure entre le travail et la vie personnelle", ajoute Xavier Cornette de Saint-Cyr. 

Il faut également faire preuve de souplesse sur la tenue vestimentaire, sauf si le poste est en contact avec le public. Le jeune collaborateur aime s'afficher avec des chemises aux motifs délirants ou bien jouer le contraste avec des chaussettes colorées? Peu importe, du moment que le travail est bien fait.

2- Penser à entretenir leur motivation

Plus qu'aucun autre salarié, les jeunes collaborateurs n'aiment pas se laisser enfermer dans les taches routinières ou bien encore trop cloisonnées. Il faut donc leur donner en priorité des missions permettant de les challenger pour éviter qu'ils ne traînent des pieds. Les projets de long terme ne sont pas forcément là où ils brillent le plus, car justement, ils ont tendance à perdre leur motivation en cours de route.

De plus, il faut penser à donner du sens aux choses à accomplir. "Quand on leur confie des tâches, il faut les mettre en perspective en expliquant que c'est une pierre dans un édifice global pour qu'ils s'y mettent avec ardeur", conseille Xavier Cornette de Saint-Cyr.

3- Fournir des signes de reconnaissance

Dire que l'on est satisfait d'un travail accompli, c'est une bonne pratique à laquelle tous les managers devraient se plier. Mais c'est encore plus incontournable avec une équipe venant tout droit de la génération Y. Ses représentants ne vouant pas un culte sans borne à leur entreprise, pour les fidéliser, il est essentiel de leur montrer que l'on reconnaît leur valeur et la qualité de leur travail.

Il faut naturellement éviter de faire ces retours de manière mécanique. Comme tout compliment, il doit être sincère et s'appuyer sur des faits. "Pas la peine d'en faire des tonnes, une phrase suffit", explique Xavier Cornette de Saint-Cyr. Ce conseil vaut d'ailleurs pour tout le monde: recevoir ce genre de félicitations renforce la volonté du collaborateur de s'investir davantage.

4- Éviter le paternalisme

Il faut éviter à tout prix de se montrer paternaliste car cela revient à les brider et à les enfermer dans un carcan ultra-protecteur. "Pour se développer dans le monde professionnel, ces jeunes doivent être considérés comme des adultes. Par exemple, en cas de manquements, ils doivent être mis face à leurs responsabilités et en subir les conséquences", met en garde Xavier Cornette de Saint-Cyr.

5- Se montrer réactif

Ce jeune collaborateur pose une question sur un process à tenir, demande un conseil sur une personne à contacter… Il ne faut pas tarder à lui répondre car sinon, il va se débrouiller seul. Et si cela se répète, il fera en sorte de ne plus jamais faire appel à vous, et vous perdrez alors en crédibilité en tant que manager. "Il est né avec un ordinateur dans la main, il sait se servir de Google qui lui a donné l'habitude d'avoir une réponse en quelques secondes, il faut donc se montrer ultra réactif ", rappelle Xavier Cornette de Saint-Cyr.

En revanche, si l'on ne sait pas, il vaut mieux jouer carte sur table en disant que l'on a bien pris note de sa question et que l'on va chercher la réponse.

6- Affirmer son leadership

Ce n'est pas parce que vous avez 30 ans d'expérience et un titre ronflant que les personnes issues de la génération Y vont vous reconnaître en tant que chef. Il faut montrer que si vous êtes là, c'est parce que vous avez des compétences techniques, une expérience du management et qu'en même temps vous savez aussi vous montrer à l'écoute. Ce dernier paramètre est d'ailleurs essentiel. "La relation humaine est importante pour cette génération, c'est pourquoi il faut leur montrer que votre porte est toujours ouverte", préconise Xavier Cornette de Saint-Cyr.

Coralie Cathelinais