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1 salarié sur 2 prêt à travailler plus sans gagner plus... si nécessaire

Les Français sont prêts à travailler plus pour sauver leur entreprise

Les Français sont prêts à travailler plus pour sauver leur entreprise - Deskmag - Wikimedia Commons - CC

48,3% des Français seraient prêts à augmenter temporairement leur temps de travail sans hausse de salaire si leur entreprise était en difficulté, selon une enquête de Randstad.

Les accords de sauvegarde d'entreprise sont au cœur de l'actualité. Une partie de la loi El Khomri vise en effet à permettre de déroger à la durée légale du travail via des accords d'entreprises, notamment dans le cas où la société connaîtrait des difficultés passagères.

L'exemple le plus criant reste celui des salariés de l'usine Smart d'Hambach, qui, fin 2015, avaient adopté massivement les 39 heures via un référendum d'entreprise. Et ce, en acceptant une hausse des salaires très modeste.

En fait, il semblerait qu'un grand nombre de Français soient prêts à travailler plus sans forcément gagner plus. C'est ce qui ressort d'une enquête (*) du cabinet d'intérim Randstad publiée ce vendredi 16 septembre. À la question "si votre employeur rencontrait des difficultés, seriez-vous prêt à travailler davantage – de façon temporaire – sans hausse de salaires?", près d'un Français sur deux (48,3%) répond par l'affirmative. Randstad en déduit que "les mentalités semblent évoluer" sur la flexibilité du temps de travail.

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Des 35h très théoriques

L'étude du cabinet d'intérim démontre également que la durée légale du temps de travail à 35 heures reste très théorique. En effet, selon son enquête, seulement 54,1% des Français travaillent 35 heures selon leur contrat de travail. Un tiers effectuent un temps de travail compris entre 36 et 39h. Et 13,5% dépassent les 39h.

En comptant les heures supplémentaires, la proportion de Français travaillant 35h devient même minoritaire avec 28,4% soit presque autant que ceux effectuant entre 36 et 39h (28%). Les Français avec une semaine de travail de plus de 40 heures sont alors les plus nombreux (43,6%).

Randstad note au passage que les hommes ont largement plus tendance à recourir aux heures supplémentaires. "Une explication possible, non exclusive, pourrait résider dans l’inégale répartition des tâches domestiques entre hommes et femmes", indique Randstad qui fait référence à une étude de l'Insee. Selon celle-ci, en 2010, les femmes consacraient plus de trois heures quotidiennes aux tâches domestiques contre 1h45 pour les hommes.

(*) Étude réalisée entre septembre et décembre 2015 sur la base de questionnaires administrés en ligne par l’institut d’études indépendant ICMA Group auprès d’un échantillon représentatif de 5 958 salariés à temps plein, âgés de 18 à 65 ans.

J.M.