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Vidéo : Ayrault remet en cause les 35 heures, du "jamais-vu"

Le retour aux 39 heures n'est pas tabou pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault

Le retour aux 39 heures n'est pas tabou pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault - -

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault se dit ouvert à une discussion sur l'évolution des 35 heures. De l'inédit pour Christian Poyau, le PDG de Micropole Univers et président d’honneur de Croissance Plus, invité de Stéphane Soumier sur BFM Business ce 30 octobre.

Remettre en cause les 35 heures ? La question revient régulièrement, que ce soit à propos du rapport Gallois ou dans le cadre de la course à la présidence de l'UMP. "Le sujet n’est pas tabou", a déclaré le Premier ministre dans Le Parisien de ce mardi. Dans un entretien avec des lecteurs du quotidien, Jean-Marc Ayrault, admet que le retour aux "39 heures payées 39" est un thème qui "fera débat". "Mais pourquoi pas. Il n'y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique", ajoute-t-il. 

Ces déclarations du chef du gouvernement ont pour le moins surpris Christian Poyau, président d’honneur de Croissance Plus et fervent dénonciateur des 35 heures. Invité sur BFM Business ce mardi, il s’est enthousiasmé: "Si le Premier ministre dit ’réfléchissons y, on peut y travailler’, c’est une très bonne nouvelle".

Le sujet épineux des salaires

Celui pour qui les 35 heures sont un "fléau", qui "font peser un poids considérable sur la compétitivité française" s’étonne que leur remise en cause vienne d’un gouvernement socialiste: "c’est très novateur, c’est du jamais-vu"

Christian Poyau reste toutefois méfiant. "C’est un sujet important en termes de symbole, les paroles de Jean-Marc Ayrault sont intéressantes, mais j’attends de voir", relativise-t-il. D'abord parce que la pertinence du débat divise, au sein même des entreprises. Ensuite, parce que faire évoluer les 35 heures pose la question de l'évolution des salaires, un sujet épineux.

Comme le rappelle le président d’honneur de Croissance Plus, initialement, les salariés étaient "aux 39 heures payées 39 heures". Ensuite, "ils sont passés aux 35 heures, mais toujours payées 39 heures". Aujourd’hui, la question est de savoir "si on les fait revenir aux 39 heures payées de la même façon que les 35, ou si on les augmente".

Un dossier compliqué, qui pourrait nécessiter, comme le préconise Christian Poyau, de faire évoluer les 35 heures "de façon différente selon les entreprises".

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