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Universités : l'autonomie de gestion sur la sellette

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a ouvert les Assises nationales de l'enseignement supérieur et de la recherche

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a ouvert les Assises nationales de l'enseignement supérieur et de la recherche - -

La loi sur l’autonomie des universités de 2007 suscite beaucoup de critiques de la part même d'universitaires. Des pistes de réflexion pour la perfectionner existent.

La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) est-elle sur la sellette? Une question qui se pose alors que se sont ouvertes, lundi 26 novembre, les assises de l'enseignement supérieur.

Cette loi de 2007, qui a donné l’autonomie aux universités, prévoit notamment que d’ici au 1er janvier 2013, toutes les universités accèdent à l’autonomie budgétaire.

Une situation compliquée sachant que sur 102 établissements supérieurs (dont 84 universités), 19 présentent un budget 2012 en déficit (contre 17 en 2011), et 7 en ont un tout juste équilibré. En plus, près de la moitié (40) se retrouvent avec un fonds de roulement inférieur au seuil minimal, prévu pour parer aux urgences, correspondant à trente jours de fonctionnement.

Pourtant, pour Louis Vogel, président de la CPU (Conférence des présidents d’université), sur BFM Business, "ce n’est pas parce que certaines universités ont des difficultés financières que l’autonomie n’est pas une bonne chose. La loi a mobilisé les universités. Elles reprennent de l’importance".

"Le problème, c'est l'ensemble du système"

Un bon point de départ, donc, mais pas suffisant. Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche à la région Ile-de-France, estime que "le problème n’est pas seulement la LRU, le problème c’est l’ensemble du système qui est aujourd’hui mal construit, trop complexe, qui entrave la capacité d’action, et ne permet pas la réussite. La LRU est à reprendre dans l’ensemble législatif. Il faut changer l’ensemble du système, le rendre plus lisible".

Les pistes de réflexion, pour améliorer cette loi seraient de faire de l’insertion une des missions de l’université et de donner plus de visibilité aux diplômes. Pour cela, "il faut des moyens financiers adaptés, un vrai partenariat avec les organismes de recherches et enfin on veut des parcelles entre les universités et les écoles", renchérit Louis Vogel.

Diane Lacaze