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Temps partiel: la CFDT s'insurge contre le report de la réforme

En France, le travail à temps partiel concerne des femmes à 80%.

En France, le travail à temps partiel concerne des femmes à 80%. - -

Le gouvernement a proposé de reporter de six mois l'entrée en vigueur de la réforme du temps partiel, qui interdit aux entreprises de proposer des contrats de moins de 24 heures par semaine. La CFDT appelle les parlementaires à ne pas voter cette mesure.

La CFDT s'insurge de la décision du gouvernement de retarder de six mois l'interdiction aux entreprises de proposer des contrats de travail de moins de 24 heures par semaine. Le syndicat appelle les députés à ne pas voter l'octroi d'un délai supplémentaire pour mettre en place cette mesure normalement entrée en vigueur le 1er janvier 2014.

"Cette décision conduit à encourager celles et ceux qui parmi les employeurs ne respectent pas la loi", a déploré dans un communiqué la fédération CFDT des services, un des secteurs le plus concerné par le temps partiel.

Le syndicat, qui dit avoir "pris connaissance avec "consternation de la décision du gouvernement", a appelé "les parlementaires à ne pas retenir la proposition du gouvernement sur le report".

"Le pacte de responsabilité passe aussi par un respect des engagements pris", a souligné la CFDT.

La CGPME pousse dans l'autre sens

De son côté, la CGPME pousse un ouf de soulagement. L'organisation qui représente les patrons de petites et moyennes entreprises se félicite de ce report qui, "s'il ne règle pas le problème, permettra aux secteurs concernés de bénéficier d'un répit pour conclure des accords de branches dérogatoires".

La confédération estime avoir "été entendue" après qu'elle a "alerté à plusieurs reprises sur les conséquences désastreuses" de cette mesure.

Quatre millions de salariés à temps partiel

La nouvelle règle sur la durée minimale des temps partiels est entrée en vigueur au 1er janvier. Mais le ministère du Travail a annoncé, vendredi 10 janvier, un report de six mois pour les branches professionnelles qui mènent actuellement des négociations à ce sujet. Elles ont désormais jusqu'au 30 juin pour s'y conformer.

La nouvelle loi prévoit que les entreprises puissent déroger à cette règle si elles parviennent à nouer des accords de branche sur cette question, sous réserve de contrepartie pour les salariés concernés.

Les salariés qui font explicitement la demande peuvent également y échapper, à condition d'être des étudiants de moins de 26 ans, des employés des particuliers, ou des intérimaires et salariés qui cumulent plusieurs emplois.

Quelque quatre millions de salariés sont concernés par le temps partiel, en grande majorité des femmes (80%), et la moitié travaille moins de 24 heures.

N.G. et AFP