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Surtaxation des CDD: "Une mesure un peu irréfléchie", juge le Medef

Thibault Lanxade est le vice-président du Medef.

Thibault Lanxade est le vice-président du Medef. - BFM Business

"Le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, estime que cette annonce contredit celles faites aux PME en juin dernier."

Manuel Valls annonçait hier l’extension de la taxation à tous les CDD, afin d’inciter les entreprises à embaucher en CDI. Cela ne passe pas auprès des représentants des chefs d’entreprises. Le vice-président du Medef en charge des TPE-PME Thibault Lanxade dénonce une mesure qui "tombe à côté" des besoins ce mardi matin sur BFM Business.

Le dialogue social "bafoué" 

"C’est le dialogue social, cher au président de la République, qui est en train d’être bafoué par cette mesure rapide et un peu irréfléchie de la part du gouvernement", considère Thibault Lanxade. Le vice-président du Medef fait part de son incompréhension face à cette annonce, considérant qu’elle contredit celles évoquées en juin 2015 lors d’une conférence sociale sur les PME. À l’époque, 18 mesures pour encourager les PME à embaucher avaient été annoncées, dont l’une consistait à encourager le renouvellement des contrats à durée déterminée, rappelle-t-il. "On n’y comprend plus rien", lâche l’invité de Stéphane Soumier.

Négociée avec les partenaires sociaux dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage, cette surtaxation des CDD a pourtant été présentée lundi aux organisations lycéennes et étudiantes par le Premier ministre, dans le cadre d’un plan de onze mesures de soutien à l’emploi. Ceci dans un contexte d’affrontement social entre des jeunes et le gouvernement sur le projet de loi El Khomri de réforme du Code du travail.

Entre 4,5 et 7%

Pour rappel, depuis juillet 2013, les partenaires sociaux ont instauré une majoration des cotisations patronales d'assurance chômage pour certains CDD de moins de trois mois. Normalement fixées à 4% du salaire brut, elles sont portées à 4,5%, 5,5% ou 7% selon la durée du contrat. Mais jusque là, cette mesure ne concerne que certains CDD - d'usage ou pour surcroît d'activité - et exclut l'intérim. Dans son annonce de lundi, le gouvernement prévoit que le renchérissement des taxes sur le CDD sera rendu obligatoire et que la modulation des cotisations selon la durée du contrat deviendra elle aussi obligatoire. Le tout afin de favoriser l'embauche en CDI.

Mais cette taxation des contrats courts "ne fonctionnera pas", estime le vice-président du Medef. Sans surprise, lui prône un changement de paradigme et une désacralisation du CDI. "Il faut trouver de nouvelles formules, que ce soit sur un contrat agile ou que ce soit sur des contrats à durée indéterminée qui se renforcent avec le temps", propose-t-il.

Adeline Raynal