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Thibault Lanxade (Medef): "moi, j’ai peur d’embaucher!"

Thibault Lanxade, vice-président du Medef, était l'invité de BFMTV et RMC.

Thibault Lanxade, vice-président du Medef, était l'invité de BFMTV et RMC. - BFMTV

Le vice-président de l’organisation patronale était l’invité de BFMTV et RMC ce mardi. Commentant les mauvais chiffres du chômage, il a notamment appelé à baisser les charges des entreprises afin qu'elles puissent embaucher.

Au lendemain des – très mauvais - chiffres du chômage, chacun y va de son diagnostic. Et du côté du Medef, le mal semble être identifié. Interrogé sur la promesse de créer un million d’emplois, Thibault Lanxade, vice-président de l’organisation patronale, s’est défendu de toute mauvaise volonté.

"On ne peut pas dire que c’est une promesse. Un million d’emplois c’est possible. Encore faut-il que l’on nous donne les moyens", a-t-il déclaré au micro de BFMTV et RMC. Et de réclamer "une contrepartie de 116 milliards de baisses de charges pour être à égalité avec l’Allemagne, notre compétiteur".

Chômage: des chiffres "effroyablement mauvais"

Car pour le moment, le dirigeant ne voit pas la situation évoluer de manière favorable. "Cela va continuer, tant qu’on n’aura pas entre 1,3 et 1,5 % de croissance", a-t-il prédit, évoquant des chiffres de l’emploi "effroyablement mauvais".

Interrogé sur les statistiques encourageantes de la croissance au premier trimestre (0,6%), il a également tempéré l’optimisme du gouvernement : "si les signaux sont au vert (euro faible, baisse du pétrole) ce sont les grandes entreprises qui en profitent. Pas les TPE et les PME. (…)Moi j’ai peur d’embaucher !".

Une crainte que semble avoir entendue Manuel Valls, qui a reçu le Medef lundi: "Manuel Valls m’a dit qu’il comprenait que les chefs d’entreprise aient peur de l’embauche".

Emplois aidés: "pas une réponse pérenne"

Et alors que le ministre du Travail François Rebsamen a annoncé la création de 100.000 emplois aidés supplémentaires pour inverser la tendance, Thibault Lanxade s’est montré pour le moins sceptique. "C’est une bouffée d’oxygène, une mesure sociale. Mais cela coûte cher (3 milliards). Est-ce que c’est une réponse pérenne ? Non. Faisons plutôt en sorte que ce soient les entreprises qui créent de l’emploi".

La réponse, selon lui, pourrait passer par la mise ne place du fameux "contrat aidé" prôné par le Medef. Le principe ? "On recrute un collaborateur sur un projet précis, et si ce projet n’a pas lieu, tant pis".

Enfin, Thibault Lanxade a évoqué le pacte de responsabilité, qui accorde 21 milliards de baisses de charges aux entreprises. "C’est à l’horizon 2017. Ne demandez pas, par exemple, aux entreprises du bâtiment qui se font massacrer d’embaucher massivement !"

Y.D.