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Standard & Poor's, première victime des mauvaises notes qu'elle attribue

Face aux difficultés financières, Groupama a préféré renoncer à la notation de Standard & Poor's.

Face aux difficultés financières, Groupama a préféré renoncer à la notation de Standard & Poor's. - -

Après une mauvaise note, Groupama décide de réduire ses coûts, notamment en supprimant son contrat avec l'agence de notation. C'est la troisième entreprise à prendre cette décision.

Ce jeudi 6 décembre, c'est au tour de Groupama de lâcher Standard & Poor's. Le 21 et le 22 novembre, Deutsch Post DHL et HeidelbergCement avait déjà annoncé la fin de leur collaboration avec l'agence de notation américaine. Trois clients de perdus en moins de trois semaines, ça commence à faire beaucoup. Que s'est-il passé?

Début octobre, la note de Groupama avait été abaissée à BB- par l’agence de notation. La compagnie avait déclaré une perte de 1,76 milliard d’euros pour 2011. Pour inverser la tendance, Groupama a décidé un plan d’économie de 400 millions d’euros, qui devrait permettre au groupe d’ "équilibrer son activité" cette année... et les économies commencent par la notation!

Un comble pour Standard & Poor's à l'origine de ce plan d'économie. Thierry Martel, directeur général de Groupama, explique pour sa part que le coût annuel d’un tel contrat s’élève à plusieurs "centaines de milliers d’euros". L’investissement, motivé jusque-là par une volonté d’introduction en Bourse, n’a plus lieu d’être face aux difficultés financières du groupe, selon lui.

Pour ne pas "donner l’impression d’un repli ou de choisir l’opacité", Groupama conserve toutefois la notation par l’agence Fitch, a précisé Thierry Martel, à l’AFP. Le choix de Fitch par rapport à son concurrent est avant tout financier, "Fitch était la moins chère des deux".

Une tendance venue d'outre-Rhin

Deutsche Post DHL avait décidé fin novembre de renoncer également aux services de Standard & Poor’s "uniquement pour des raisons commerciales". Le géant de la logistique maintenait son contrat avec Fitch et Moody’s.

Une douzaine de grandes entreprises allemandes s’étaient déjà plaintes en avril de l’augmentation des prix de Standard & Poor’s, qui avaient "plus que doublés".

Audrey Dufour