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Spécial Medef: l'UIMM choisit son candidat

Le logo du Medef au siège de l'organisation, avenue Bosquet à Paris.

Le logo du Medef au siège de l'organisation, avenue Bosquet à Paris. - -

L'UIMM, l'une des plus puissantes fédérations professionnelles du Medef va auditionner, ce jeudi 18 avril, les candidats à la succession de Laurence Parisot. Une étape essentielle dans le choix du futur patron des patrons. Quel est justement le parcours entrepreneurial de chacun d'entre eux ? Réponse.

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Les patrons choisissent leur camp dans la course à la présidence du Medef. Ce jeudi 18 avril, l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), la plus puissante fédération du Medef, va auditionner les différents candidats, avant d'accorder sa préférence à l'un d'entre eux dont deux sont issus de ses rangs. Une étape fondamentale dans cette bataille.

Pour séduire leurs pairs, les prétendants à la succession de Laurence Parisot mettent tous en avant leur expérience de chef d'entreprise. Petites, moyennes, gérée à l'ancienne ou non, ce sont en tous cas des entreprises en croissance qui reflèteront peut-être ce que le gagnant insufflera au Medef.

Santé insolente et recrutements prévus

Pour certains, les chiffres parlent d'eux-mêmes. C'est le cas d'Omea Telecom, fondée par Geoffroy Roux de Bézieux, la maison-mère de Virgin Mobile en France. En moins de dix ans, il en a fait le premier opérateur mobile dégroupé, fort de huit années de croissance consécutives et doté de près de deux millions de clients. L'an dernier, le groupe s'est même permis de tripler ses investissements.

Dans un tout autre secteur, Radiall, la société de Pierre Gattaz fondée par son père Yvon, ancien président du CNPF, affiche une santé insolente. Le secret de sa réussite: se positionner sur un créneau très pointu, les connectiques haut de gamme pour le secteur aéronautique et spatial. Bilan pour cette entreprise de taille intermédiaire: un résultat opérationnel qui a doublé cette année, des recrutements prévus pour 2013, et 80% de son chiffre d'affaires réalisés à l'export: Radiall est un des membres de la Boeing French Team, dont les compétences sont louées par l'avionneur américain.

L'aéronautique est un secteur que connaît aussi Jean-Claude Volot, candidat jusqu'à ce qu'il annonce son retrait de la compétition ce 18 avril, au profit de Pierre Gattaz. Sa société, Dedienne Aerospace, propose des solutions de maintenance pour des clients comme Airbus.

L'ex-candidat veut rester discret sur ses chiffres, il a même cessé de déposer ses comptes au greffe. Mais c'est un fait, Dedienne est en plein développement, avec l'ouverture d'un nouveau centre de production à Toulouse et 10% de son chiffre d'affaires réinvesti en R&D depuis trois ans. On parle d'une progression de ses activités de l’ordre de 20 à 25 % par an depuis quelques années. Il est implanté aux Etats-Unis, en Chine, en Inde et à Dubaï.

Start-up et entreprises traditionnelles

Aqoba, l'entreprise de Thibault Lanxade, qui fabrique des cartes de paiement sur mesure, est une très jeune start-up de 17 personnes. Lanxade s'est engouffré dans la brèche de la dérégulation du marché européen des moyens de paiement. Aqoba est accompagné par Oséo et différents programmes d'aides aux entreprises innovantes. Elle a déjà signé avec des grands noms comme Mastercard. Ses clients : la chaîne Nicolas, les casinos Partouche ou encore le magazine Technikart. On parle d'un chiffre d'affaires autour d'un million d'euros.

Il y a aussi le profil de l'entreprise plus traditionnelle, celle de Patrick Bernasconi. Une PME familiale à l'ancienne créée par son grand-père en 1933, et qui appartient aujourd'hui à Patrick Bernasconi et à son frère. Elle construit des canalisations, plus précisément des réseaux pour fluides (canalisations d'eau et réseaux d'assainissement..). Une activité qui dépend beaucoup des commandes publiques.

Si on ajoute commandes publiques et secteur de la construction, on comprend que le résultat de la société ne soit pas très bon dans la conjoncture actuelle. Mais Bernasconi TP communique difficilement sur les résultats de son entreprise. Elle déclare autour de 10 millions de chiffres d'affaires, qui bouge très peu depuis quatre ans, même si, sur l'année 2011, il a baissé de 1,34%.

La société-mère de Bernasconi TP est basée dans la Manche, à Domjean. Mais Patrick Bernasconi a également racheté une entreprise en Guadeloupe et une autre à Albi qui exercent le même type d'activités. Ensemble, elles emploient une centaine de salariés.

Manager plus que patron

Il y a enfin le cas Frédéric Saint-Geours, l'énarque à qui l'on reproche de ne pas être un vrai chef d'entreprise, accusation dont il se défend. L'ancien n°2 de PSA, aujourd'hui chargé de mission auprès du président du directoire, Philippe Varin, a passé 27 ans chez le constructeur automobile qui est très loin de vivre une success story.

Quand l'entreprise va aussi mal que PSA, le constat est difficile pour Frédéric Saint-Geours. Toute la question est de savoir quel a été son rôle et surtout quelle a été sa responsabilité dans les mauvais choix stratégiques du groupe puisqu'il était parmi ses principaux cadres dirigeants. Il en a forcément une, ou du moins partielle. On pense alors au retard de PSA sur l'international, et hors d'Europe, aux modèles auxquels on reproche de trop se ressembler.

On dit souvent qu'il manquait de légitimité technologique et industrielle, c'est vrai qu'il n'est pas un ingénieur. Et ses compétences en terme de dialogue social se retourneraient presque contre lui avec l'exemple PSA : Frédéric Saint-Geours n'aime pas les bras de fer.

Isabelle Gollentz