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Semaine sociale chargée pour Emmanuel Macron

Tandis que les opposants à la réforme du code du travail tentent de s’organiser, le chef de l’État s’apprête à ouvrir plusieurs chantiers délicats.

C’est de manière très attentive qu’Emmanuel Macron observera les différents rendez-vous sociaux de cette semaine. La réunion des différents syndicats, qui se tiendra ce lundi en vue d’organiser une action unitaire contre les ordonnances, pourrait donner le ton. Car si rien ne permet d’affirmer qu’un accord sera trouvé entre les différentes parties, l’initiative illustre la volonté des opposants à la réforme du code du travail de faire bloc.

Un obstacle de plus pour le chef de l’État, qui devra également affronter une grève des fonctionnaires, mardi. Quelque 130 rassemblements sont prévus partout en France, à l’appel - fait inédit depuis 10 ans - de tous les syndicats de la fonction publique.

Les écoles, crèches, hôpitaux ou services postaux pourraient ainsi être impactés, tandis que 30% des vols seront annulés sur l’ensemble des aéroports français. Les transports pourraient également être perturbés, même si la direction de la SNCF assure que ses trains circuleront normalement.

"Fédérer les mécontentements"

Outre la réforme du droit du travail, plusieurs mesures gouvernementales suscitent la colère des fonctionnaires: gel du point d’indice, augmentation de la CSG, rétablissement d’une journée de carence, ou encore suppression annoncée de 120.000 postes sur l’ensemble du quinquennat.

Reste à savoir si une mobilisation conséquente freinera Emmanuel Macron dans ses ambitions réformatrices, car le président de la République entend rapidement ouvrir d’autres dossiers délicats. Dès jeudi, il recevra ainsi les partenaires sociaux à l’Élysée pour aborder les réformes de l’Assurance-chômage, de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

Dans quelles conditions? Tout dépendra de la capacité des syndicats à "fédérer les mécontentements", comme l’a rappelé Philippe Martinez ce lundi. Une chose est sûre: l’exécutif devrait bénéficier d’un faible relais de la part des élus locaux, vent debout contre les nouvelles mesures d’économie qui leur sont imposées.

Y.D.