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Securitest et Autosecurité mettent au point l'échange de salariés

Le groupe SGS compte 2000 centres Sécuritest et Auto Sécurité.

Le groupe SGS compte 2000 centres Sécuritest et Auto Sécurité. - Securitest

Pic d'activité, arrêts maladie, congés… Les gérants des centres de contrôle technique du groupe SGS font fréquemment face à un manque de personnel. La plateforme "Mon contrôleur" permet de recruter temporairement les salariés d'autres points du réseau qui sont moins surchargés.

3800 contrôleurs travaillent dans les 2000 centres des réseaux Securitest et Autosecurité, appartenant au groupe SGS. Quand il y a un pic d'activité, des vacances ou des arrêts maladies, cela devient un casse-tête de gérer la pénurie de main d'œuvre pour les gérants de ces centres de contrôle automobile. D’où l'idée de développer la plateforme d'échange "Mon contrôleur" qui permet de mutualiser et d'optimiser l'utilisation des ressources. "Il est difficile de faire appel à de l'intérim, car le métier de contrôleur technique nécessite une formation spécifique. Il faut avoir un CAP dans le secteur automobile et suivre une formation de 203 heures. L'année prochaine, les conditions d'accès à ce métier vont être en plus relevées ce qui va accroître la tension", souligne Sophie Ribardière, responsable du projet.

"Mon contrôleur" repose sur le principe d'une bourse d'échange: le responsable d'un centre publie la fiche du salarié (avec son accord) dont il peut se séparer le temps d'une demi-journée, d'une journée ou davantage. Il est précisé s'il est véhiculé, le matériel qu'il a l'habitude d'utiliser, s'il est autonome pour réaliser l'ouverture et la fermeture de centre… Une fois les protagonistes mis d'accord, une convention tripartite est signée. Le responsable du centre d'accueil paye directement l'employeur du contrôleur: les sommes doivent correspondre à l'euro près au coût du salarié, sans dégager de marge, conformément à la réglementation. Le responsable peut aussi défrayer le salarié s'il doit être hébergé à l'hôtel par exemple.

Si le système paraît évidemment être profitable pour les employeurs, le salarié aurait lui aussi à gagner à participer à ces échanges. "Le métier de contrôleur est assez routinier. En changeant d'environnement, le salarié peut nouer de nouveaux contacts humains. Il peut aussi apprendre à manipuler de nouveaux outils de contrôle et changer de clientèle en passant d'un environnement rural à un autre plus urbain par exemple", avance Sophie Ribardière. 

Ces échanges ne seraient-ils pas l'occasion pour certains responsables de centres de débaucher les meilleurs éléments chez leurs confrères? "C'est un risque. Mais le responsable du centre peut aussi demander à ce que les échanges ne se fassent pas dans des centres à proximité. L'éloignement est un frein pour accepter un autre poste", met en avant Sophie Ribardière.

Mise en place depuis le 15 juin, la plateforme enregistre des retours positifs du terrain, ce qui n'empêche pas les concepteurs d'être à l'écoute pour voir quelles améliorations seraient les bienvenues. L'objectif est que dans les semaines à venir, 10 à 15% des affiliés du réseau l'adoptent.

Coralie Cathelinais