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Santé au travail: un calendrier pour négocier avec une lettre d'orientation

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88d/37e778bfef661b771e2d3a773003b - Joe Raddle - Getty pour AFP

Un calendrier de 7 réunions a été arrêté, qui devrait courir jusqu'au mois de novembre. L'objectif de cette réforme est de mieux miser sur la prévention de la santé au travail.

Les partenaires sociaux ont repris lundi les discussions sur la réforme de la santé au travail, avec une lettre d'orientation du gouvernement, l'intention de travailler "ensemble" et pour "fil rouge" la "prévention", a-t-on appris de sources concordantes.

"Nous avons repris la discussion sur la base de ce document avec la volonté d'engager une négociation paritaire et nous avons arrêté sept dates" de réunions, a déclaré à l'AFP Diane Deperrois, coprésidente de la commission protection sociale du Medef et cocheffe de file de la négociation avec Jean-Luc Monteil.

Une négociation qui a été repoussée de deux ans

Ce calendrier, qui a débuté lundi en visioconférence, se poursuivra le 23 juin, puis à partir de septembre et jusqu'au mois de novembre, a précisé Mme Deperrois.

"Le fil rouge, c'est la prévention. C'est encore plus évident avec la crise du Covid qui en a révélé encore plus l'importance avec le confinement et le déconfinement en cours. C'est un point de convergence entre tous", a-t-elle ajouté.

Pour Catherine Pinchaut (CFDT), la négociation, repoussée pendant deux ans, est "enfin engagée" avec "l'envie pour tous de travailler" et "d'aboutir". "La crise a montré combien la prévention est au coeur du sujet et combien on aurait pu faire autrement si le risque avait été vraiment identifié", a-t-elle ajouté.

Mme Pinchaut regrette néanmoins le "manque d'ambition" du document d'orientation concernant "les vrais enjeux du travail, la qualité du travail et la qualité de vie au travail", estimant cependant que "rien n'oblige les partenaires sociaux à rester enfermés dedans et à le suivre à la lettre".

Pour Serge Legagnoa (FO), l'accent doit également "être mis sur la prévention" avec un "certain recul" par rapport à la crise sanitaire, qui "a montré l'efficacité mais aussi les difficultés de certains services de santé au travail avec une pénurie de médecins du travail" ou le manque de sollicitation des "préventeurs".

"Ça peut aller vite car tout le monde veut jouer le jeu", a-t-il dit, en soulignant que "branches et entreprises doivent avoir la main" et que "la déclinaison" des rapports émis sur le sujet "doit être concrète".

M. Legagnoa s'interroge néanmoins sur le "financement" de la santé au travail, qui pourrait passer au second plan avec la crise économique et sociale. Il regrette "l'épée de Damoclès" que constitue la perspective d'un "projet de loi", qui semble déjà acté par le gouvernement et dénonce "toute forme d'étatisation du dialogue social".

C.C. avec AFP