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Quels sont les métiers où l’on se syndique le plus?

Labihu Mian Keba, porte-parole de la CFDT chez Alcatel-Lucent, s'adresse aux employés de Vélizy en 2012, après un comité central d'entreprise.

Labihu Mian Keba, porte-parole de la CFDT chez Alcatel-Lucent, s'adresse aux employés de Vélizy en 2012, après un comité central d'entreprise. - AFP- Mehdi Fedouach

"11% des salariés français sont syndiqués, d'après des données recueillies en 2013."

Cette semaine est à nouveau marquée par des mouvements sociaux. Des routiers ont ouvert le bal avec la tenue de barrages filtrants et le blocage de zones logistiques, principalement dans l’Ouest de l’Hexagone. Mercredi, environ 15% des cheminots font grève après les appels à mobilisation de la CGT et de SUD-Rail. Mais quels sont les secteurs d’activité où l’on est le plus souvent syndiqué?

Selon une étude* de la Dares parue ce mois-ci, la palme revient aux policiers, qui sont 48% à être encartés. Plus globalement, les salariés de la fonction publique sont davantage syndiqués que ceux du privé. 19,8% d’entre eux sont encartés, qu’ils soient agents ou contractuels, contre 8,7% des salariés des entreprises et du monde associatif. Dans le détail, parmi les salariés du public, les employés de l’État sont 24% à être syndiqués, ceux des hôpitaux 17% et ceux des collectivités territoriales 16%. Les professionnels de l’éducation, de la formation et de la recherche affichent l’un des taux de syndication les plus élevés: 24% dans la fonction publique. Il faut aussi dire que cette spécialité emploie 1 fonctionnaire sur 5.

11% des salariés Français syndiqués

En moyenne, 11% des salariés adhèrent à une organisation syndicale. Dans le privé, les secteurs dans lesquels ce taux est atteint ou dépassé sont au nombre de trois: le secteur des transports (18%), celui de la banque-assurance (12,9%) puis le secteur industriel – où est né le syndicalisme ouvrier – (12,2%). À l’opposé, les deux secteurs où l’on se syndique le moins sont la construction et l’hôtellerie-restauration (4,1%).

Dans ce dernier, la Dares l’explique par "une forte rotation de la main d’œuvre, notamment du fait d’un recours important aux emplois à durée limitée". Dans le secteur de la construction, l’explication est autre: elle tient à la taille des entreprises. En effet, les salariés de TPE et PME ont beaucoup moins tendance à se syndiquer que ceux des plus grandes sociétés. Or, dans la construction, la grande majorité des employés travaillent dans de petites structures. 

Les Français ont davantage tendance à s’encarter lorsqu’ils ont un emploi stable, ou lorsqu’ils sont en conflit avec leur employeur. La probabilité d’être syndiqué augmente aussi avec l’âge, et les hommes se syndiquent un peu plus que les femmes, surtout dans la fonction publique (6 points d’écart, contre 3 points dans le privé).

Les Finlandais, champions du syndicalisme

"Les différents niveaux de syndicalisation renvoient à des caractéristiques structurelles et à des facteurs historiques et sociologiques. L’ancienneté des secteurs productifs, les modes de production et d’organisation du travail, la stabilité ou la forte rotation de la main-d’œuvre influent sur l’implantation des syndicats sur les lieux de travail et l’adhésion des salariés", résument les auteurs de l’étude.

Au niveau européen, la France est l’un des pays où l’on se syndique le moins. Seules la Lituanie et l’Estonie ont un taux de syndicalisation de leurs salariés inférieur. Ce taux est à peu près doublé en Allemagne et en Espagne. Il dépasse les 70% en Suède et en Finlande.

*"La syndicalisation en France. Des salariés deux fois plus syndiqués dans la fonction publique", Dares analyses, n°025, mai 2016. L'étude se base sur une enquête datant de 2013.

Adeline Raynal