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PSA attend le plan automobile sur la question du coût du travail

Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën.

Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën. - -

Le patron de PSA, Philippe Varin, s'est déclaré ce vendredi matin contre une aide directe à la filière automobile, dont le plan de sauvetage sera présenté fin juillet. Il s'est en revanche prononcé pour une "baisse massive du coût du travail".

PSA Peugeot Citroën espère que le plan automobile que le gouvernement va présenter fin juillet abordera la question du coût du travail en France, a déclaré le président du directoire du constructeur, au lendemain de l'annonce d'une vaste restructuration de ses activités dans l'Hexagone. Il a également annoncé que PSA pourrait recourir à des licenciements si les candidats au départ volontaire manquaient. Depuis 11h ce vendredi, la production est arrêtée sur le site d'Aulnay.
Le patron de PSA a par ailleurs insisté sur la nécessité de préserver la capacité d'innovation de la filière, le secteur automobile plaidant notamment pour un maintien du crédit impôt recherche. "Je comprends l'émotion et je comprends la vigilance, mais j'attends aussi de voir le 25 juillet quel pourra être le plan du gouvernement de soutien à l'ensemble de la filière automobile", a-t-il déclaré. "Ce plan, nous sommes absolument prêts à y contribuer (...), nous ne demandons pas une aide directe, la prime à la casse c'est du dopage (...). Par contre, sur les coûts pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail (...), donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive", a ajouté le président du directoire de PSA.

Soutien aux véhicules moins polluants

Dans Libération, Philippe Varin insiste également sur les mesures de soutien aux véhicules émettant moins de CO2, comme le système de bonus-malus actuellement en vigueur, ainsi que sur des actions sur le crédit automobile et sur la fiscalité des achats de flottes de voitures par les entreprises. Le premier constructeur automobile français, confronté depuis l'été dernier à une chute de ses ventes en Europe, notamment du Sud, a annoncé jeudi 8 000 nouvelles suppressions d'emplois et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Nous n'avons rien à cacher"

Le ministre du Redressement progressif, Arnaud Montebourg, a déclaré dans la soirée que le groupe n'avait pas à ses yeux apporté des justifications suffisantes pour expliquer ce plan. "Nous n'avons rien à cacher et d'ailleurs, avec les pouvoirs publics, nous sommes d'une totale transparence sur la gravité de la situation, sur le plan que nous prenons", a déclaré Philippe Varin. Prié de dire si ses décisions étaient négociables, il a répondu qu'il existait une marge de manoeuvre dans la manière dont elles seraient appliquées. "Nous avons pris un engagement, c'est que le dialogue social serait exemplaire, ça veut dire qu'il y a bien sûr des marges de liberté dans la manière dont nous allons appliquer le plan." Sur la reconversion du site d'Aulnay, où il a exclu une opération immobilière, Philippe Varin a ainsi souligné que les pouvoirs publics avaient un rôle à jouer. "Nous allons pouvoir attirer d'autres entreprises et là, avec l'Etat, nous pouvons faire un travail commun", a-t-il dit.
Sur le calendrier de l'annonce de la fermeture de l'usine de Seine-Saint-Denis, Philippe Varin a confirmé que le choix d'annoncer cette décision après les dernières élections ne devait rien au hasard. "Nous avons pris la décision dans le premier semestre, évidemment c'est une décision tellement importante qu'il n'était pas question d'en faire un enjeu de la période électorale. Nous avons attendu, dès que possible nous avons pu le faire", a-t-il indiqué.

La Rédaction, avec Reuters