BFM Business

Premier vainqueur des JO de Londres: l'emploi

Une des infrastructures des JO: le vélodrome olympique, dans l'est de Londres.

Une des infrastructures des JO: le vélodrome olympique, dans l'est de Londres. - -

L’organisation des jeux Olympiques permet à la Grande-Bretagne de bénéficier d’une accalmie sur le chômage. L’effet risque toutefois d’être temporaire.

Bonne nouvelle pour l’économie britannique: le chômage poursuit sa décrue. Il a ainsi légèrement reculé à 8,1% de la population active au mois de mai, selon les chiffres l’Office des statistiques nationales, parus mercredi 18 juin, qui confirment une tendance débutée il y a plusieurs mois. Les analystes tablaient, eux, sur un taux stable, à 8,2%.

L’effet des jeux Olympiques, qui débuteront le 27 juillet prochain, n’est pas étranger à cette bonne performance. La baisse est en effet plus forte à Londres. "Le début imminent des jeux Olympiques fournit actuellement un soutien à l'emploi", confirme Howard Archer, économiste du cabinet IHS Global Insight, cité par l’AFP.

Leur organisation, avec un budget d'environ neuf milliards de livres, et la remise à niveau des transports londoniens, s'est traduite par l'injection de sommes importantes dans l'économie du pays. Le plus grand événement sportif du monde a en effet été épargné par le plan d'austérité implacable mis en place par le gouvernement du Premier ministre conservateur, David Cameron.

Son organisation a aussi permis l'embauche temporaire de salariés chargés de l'accueil, la restauration ou encore la sécurité. Le groupe G4S devait ainsi fournir plus de 10 000 vigiles pour l'occasion, même s'il s'en est finalement montré en partie incapable, obligeant le recours à l'armée.

David Cameron table sur plus de 13 milliards de livres (environ 16 milliards d'euros) de retombées économiques des JO sur les quatre prochaines années pour la Grande-Bretagne.

Des bénéfices de court terme

Mais les économistes sont partagés quant à l'effet réel sur l'économie et donc potentiellement l'emploi. La banque américaine Goldman Sachs estime que les Jeux apporteront 0,3 à 0,4 point de croissance supplémentaire au troisième trimestre mais que "cet effet bénéfique à court terme sera largement inversé au quatrième trimestre".

En mai, l’agence Moody’s considérait que les Jeux ne "catalyseraient pas l’économie britannique" et que la plupart des impacts liés au développement des infrastructures ont probablement déjà eu lieu. Pour elle aussi, les effets à venir devraient être temporaires.

"A court terme, les JO devraient continuer à donner un coup de pouce. Cependant, les perspectives d'emploi semblent plus problématiques pour la suite", ajoute Howard Archer, qui prévoit une montée du chômage à 8,8% à la mi-2013.

Les syndicats ne sont d’ailleurs pas dupes et ont demandé au gouvernement d'éviter tout triomphalisme après la bonne surprise des chiffres de mai. "L'effet olympique peut donner l'impression d'une reprise mais c'est un mirage", a mis en garde Dave Prentis, le secrétaire général d'Unison, la plus grosse organisation du secteur public britannique.

Bfmbusiness.com avec AFP