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Pourquoi la Normandie veut fermer ses écoles d'infirimières

Plusieurs établissements formant des infirmières et aides-soignantes sont menacés de fermeture en Normandie. (image d'illustration)

Plusieurs établissements formant des infirmières et aides-soignantes sont menacés de fermeture en Normandie. (image d'illustration) - Stéphane De Sakutin - AFP

Le conseil régional de Normandie souhaite fermer 9 écoles d'infirmières et d'aides-soignantes sur les 33 que compte son territoire.

L'exécutif régional, présidé par Hervé Morin entend fermer l'IFSI (Institut de formation de soins infirmiers) de Vire (Calvados), soit l'un des 16 établissements que compte la région, ainsi que 8 IFAS (Institut de formation d'aides soignants) sur les 17 implantés localement, presque tous situés dans des villes moyennes.

Selon les chiffres de la région, le chômage a progressé de 92% au cours des six dernières années dans la profession infirmière. 850 infirmiers et infirmières sont sans emploi, alors que 1.630 diplômés sortent des écoles chaque année.

"Il est de notre responsabilité de ne pas former des infirmiers qui seront au chômage demain" estime David Margueritte, vice-président régional (LR) chargé de la formation.

"C'est l'État, en l'occurrence l'ARS (Agence régionale de santé), qui en tant qu'autorité de régulation, fixe les volumes de formations infirmières. La région Normandie à qui il appartient de réguler les lieux de formation et les volumes par école, n'a d'autres choix que d'appliquer ces quotas" souligne l'élu dans un communiqué.

L'opposition régionale dénonce des "territoires abandonnés"

"On est en train d'abandonner des territoires, car réguler l'offre de formation c'est une chose, mais quand on ferme un établissement, c'est définitif", rétorque auprès de l'AFP, Nicolas Mayer-Rossignol, chef de file de l'opposition régionale et ancien président (PS) de la région Haute-Normandie. 

L'élu relève que l'établissement d'Argentan (Orne) a été rénové il y a moins de trois ans. "C'est de la gabegie de fonds publics" affirme-t-il, s'étonnant que les fermetures d'établissement concernent principalement des communes gérées par la gauche.

Interrogée par l'AFP, Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale Infirmière (CNI) reconnaît un taux de chômage dans la profession plus élevé en Normandie et en Bretagne. Selon elle, cela s'explique car les diplômés sont attachés à leur région. "Mais la situation est mouvante, il y a eu pénurie il n'y a pas si longtemps et il va y avoir beaucoup de départs à la retraite dans les prochaines années" ajoute-t-elle, estimant que "la solution de la fermeture n'est pas la plus pertinente".

A.M. avec AFP