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Pour plus de CDI, Manuel Valls pense à surtaxer les CDD

Manuel Valls à l'Hôtel de Matignon le 9 mars 2016, entouré de Myriam El Khomri et d'Emmanuel Macron.

Manuel Valls à l'Hôtel de Matignon le 9 mars 2016, entouré de Myriam El Khomri et d'Emmanuel Macron. - AFP-Geoffroy-Van-der-Hasselt

"Dans les discussions qu’il mène depuis le début de la semaine avec les partenaires sociaux, le Premier ministre négocie une augmentation des cotisations patronales sur ce contrat précaire."

Garantir à la fois la sécurité professionnelle pour les salariés et de la souplesse pour les entreprises: tel est l’objectif affiché par le gouvernement depuis le début des négociations sur le projet de réforme du Code du travail. Pour y parvenir, le Premier ministre envisage d’augmenter les cotisations patronales sur les contrats à durée déterminée (CDD), afin de rendre ce type de contrat moins attractif pour les employeurs. L’idée étant de les inciter à préférer proposer un contrat à durée indéterminée (CDI).

L’information a été confirmée par le ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen ce mercredi soir, après que France Info ait dévoilé la nouvelle en fin d’après-midi. "Est-ce qu'il faut aussi avoir des mesures d'incitations financières un peu plus fortes que celles d'aujourd'hui ? Cela fait partie des discussions", s’est exclamé le ministre sur iTELE.

La CGPME y est opposée

La mesure semble mal accueillie par la CGPME. Surtaxer les CDD serait "prendre le problème par le mauvais côté", a réagi mercredi soir sur France Info Jean-Eudes Du Mesnil, le secrétaire général de cette organisation qui représente les patrons de PME. Il a souligné: "en augmentant les cotisations des entreprises, on augmente le coût du travail et on pénalise la création d'emplois".

90% des contrats signés en 2013 en France étaient précaires (intérim, CDD ou apprentissage), d'après une étude de la Dares (ministère du Travail) publiée en juillet 2014. Et 3,2 millions des personnes ayant un emploi salarié ont un contrat précaire selon les données de l'Insee reprises par l'Observatoire des inégalités. Elles ont principalement signé des contrats à durée déterminée (7 % du total des emplois) et des contrats d'intérim (2,1%).

A.R. avec AFP