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Pour Laurent Berger, "le syndicalisme est mortel" mais pas la CFDT

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT - BERTRAND GUAY / AFP

Le secrétaire général de la CFDT a critiqué le syndicalisme qui se limite à "dénoncer, s'indigner, sans jamais apporter de résultats qui améliorent [...] la situation des travailleurs", faisant discrètement allusion à la CGT.

Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a défendu ce mercredi "la combativité" de sa centrale, insistant sur le fait que le syndicalisme était "mortel", mais pas celui défendu par son syndicat. "Le syndicalisme est mortel quand il se limite à dénoncer, s'indigner, sans jamais apporter de résultats qui améliorent, ici et maintenant, la situation des travailleurs", a-t-il déclaré lors du congrès à Rennes, qui se tient cette semaine.

"Le syndicalisme est mortel, quand il confond son combat avec un combat politique, en se fixant des objectifs qu'il conditionne à une alternance politique aléatoire, voire en l'orientant vers la seule perspective d'un changement de gouvernement", a-t-il poursuivi, sous des applaudissements nourris.

"Le syndicalisme est mortel, quand il montre son impuissance et s'enferme dans la spirale d'une radicalité stérile, où le seul débouché de la journée d'action et de manifestations est la fixation d'une date pour la prochaine", a ajouté Laurent Berger, critiquant entre les lignes la CGT, sans jamais la citer. "Le syndicalisme est mortel, mais pas le nôtre! Pas le nôtre si nous restons nous-même!", a-t-il insisté.

Berger se justifie sur les ordonnances réformant le code du travail

Très critiqué depuis lundi par des élus sur son refus de manifester contre les ordonnances réformant le code du travail, vues comme un "recul", le leader syndical a défendu une fois de plus sa ligne, rappelant que la CFDT s'y était "opposée sans ambiguïté".

"Je comprends la frustration de certains de ne pas sortir les baskets sur les ordonnances pour exprimer leur colère", a-t-il relevé, mais la manifestation n'avait "aucune perspective de victoire" "juste après l'élection d'un président". "Ne regrettons pas de ne pas avoir lancé la CFDT dans un combat perdu", a encore assuré le numéro un.

À l'issue de son discours de plus d'une heure, les élus ont voté le bilan des quatre dernières années, qui a, comme à chaque fois, eu des allures de plébiscite, puisque 83,36% l'ont approuvé, légèrement en retrait par rapport au bilan précédent (85,88%).

P.L avec AFP